Id , chap. VIII
a lumières », devait être maintenue comme l'auxiliaire indispensable du bon ordre dans la société. A leur tour les philosophes, rénovant les croyances par un argument a pratique », postulaient l'existence de Dieu et la vie future au nom des besoins de la discipline morale ^. On postulait aussi a priori la réalité de la Révélation, base nécessaire de la « religion du peuple ». Et cette exigence « pratique » constituait une réaction contre le résultat de TexpérieiLce historique qui au contraire, par ses explications « humaines » et a naturelles », avait réfuté l'idée du miracle.
Il importait donc de réhabiliter l'existence si précieuse de la Révélation, en dépit des conclusions de l'esprit nouveau. Mais c'était supposer que la nature - — quoique étrangère à toute intervention de l'au-delà — est néanmoins, dans un certain sens, susceptible de produire des phénomènes surnaturels... a naturellement », pour ainsi dire. Nous allons voir en effet qu'aux termes de certaine théorie, le miracle descend sur terre, devient partie intégrante de la nature^ comme une manifestation ménagée à l'avance par la providence qui fit l'univers, selon le plan des éducateurs du présent.
Déjà l'apologétique chrétienne, nous l'avons exposé, voyait la « nature » apportant aux hommes, providentiellement, une sorte de révélation. C'é"tait a la Révélation indirecte », par opposition à celle que Dieu avait directement donnée. Doderlein l'observe. Seulement, selon l'opinion traditionnelle, la a religion naturelle » préparait les âmes au prodige de l'Evangile : maintenant elle t^nd à supplanter la croyance en la directe intervention du Ciel. Le mer-