Id . 1. Band, 1. Stûck. Préface. 1778, p
LA (( CULTURE » Et LE GERMANISME 329
même qu'ils ne fassent usage de leur raison, habituez les enfants à obéir aveuglément. Xe leur laissez absolument en aucun point leur volonté, mais brisez-la carrément. Parfois aussi, mettez l'enfant à l'épreuve. Eveillez en lui des désirs, et ensuite contrariez-les "^^ ».
Or Eesewitz, organisateur passionné, se dit en même temps « philanthrope », selon la mode du siècle: il fut saisi par le « doux vertige de répandre l'humanitarisme », et « par les brillantes idées de refondre le genre humain en une forme meilleure et plus noble ». Il voulait avoir sa part « à la création d'un âge d'or pour la postérité "^ ». Seulement son âge d'or s'appelle discipline : « je trouvai », dit-il. « un grand défaut de discipline, un manque d'uniformité, beaucoup d'inconsistance dans les principes d'éducation ». C'est alors qu'il résolut d'y mettre fin. Son établissement pédagogique et philanthropique de Kloster-Berge n'avait pas d'autre but. Eesewitz écrivait : « Le grand nombre de jeunes gens qui cohabitent rend hautement nécessaire, dans notre petit Etat, le maintien d'une exacte discipline, et l'emboîtement, la subordination des forces requises pour le fonctionnement de l'ensemble "^^ ». La religion anime ce système d'Etat : Eesewitz enseignait que la foi des chrétiens « favorise la plus durable félicité de chacun, et, par suite, de toutes les nations et de tous les peuples.
74. Betrachtungen iiber Erziehunçi der Sôluie und Tôchter, aus Erfahriing g.sammelt. HaUe. bei Joh. Jacob Gebauer, 1779. p. 31.
75. RESEWITZ, op. Cit.. 3. Ed., 1. Stûck, 1780, p. 4. — Cest l'Age d'or, — rêve du siècle — . accaparé par un mysticisme « pratique ». pour l'Etat futur qui déjà .se dessine: — cf. ci-dessus, chap. VIII.
7ô. ID., Xachricht von der Einrichtiing in Unterricht, i ehrart und Erziehuiig auf dem Pddagogium zu Kloster Berge, welche me diirch den Druch behannt gemacht worden. Réimprimé ici, p. 34
On apprend donc à cliacun à exercer sa profession eu chrétien ; à être prince, soldat, civil, etc., ouvrier ou manœuvre, clirétiennement... Avec cette doctrine fleurit le bonheur de chaque maison particulière, ainsi que de l'Etat '^'^ j>. — « Pourquoi serait-il bon », interroge Basedow vers la même époque, « que l'Etat tienne les auberges, les maisons de jeu, les salles de danse et les théâtres ; et aussi le commerce des livres et des tableaux, par suite également les imprimeries ? Afin d'alléger la police pour la santé du corps et de l'âme '^^ », Pourtant Basedow est un libre-penseur, un a naturaliste » même. Son rêve d'une discipline pratique n'en est que plus édifiant. Sans doute il attaque l'Eglise, qui au lieu de « donner la vue aux aveugles, est devenue aveugle par la domination, ici plus, là moins "^^ » — mais, s'il raille les prétentions d'une « religion dominante », c'est pour y substituer un religieux Etatisme : « Quel est le meilleur soutien de la lourde couronne ? La religion sociale du souverain et du peuple. Son contenu est le suivant : la divinité dirige çà et là les hommes d'après l'intérêt public ou la nocivité publique des actions, des intentions, des inclinations ^^ », Le but poursuivi est « de mettre l'Etat dans la situation la plus florissante, et de l'y entretenir ». Basedow accepte que l'Etat assure le nouveau culte par des écoles « et autres institutions ». Son Evangile pratique adopte parfois la forme dialoguée d'un catéchisme : « Sous quel haut