Cf. Ci-dessus
Tel est l'Evangile de Hegel; il continue : la première étape a doit être célébrée dans la Philosophie, dont celui-là conçoit le sens et l'interprétation, qui reconnaît en elle la vie de la divinité ressuscitée » 6^.
Pour l'humanité du présent, la « Culture » se prépare, avec religion, sous forme d'une Discipline d'État.
L'organisation intellectuelle de l'Allemagne, orientée vers la pratique, s'y était appliquée sans retard. Elle remédiait à un malaise social que les théologiens avaient signalé et combattu. A l'irréligion menaçante, ils opposaient d'abord, sans philosophie ni détours, les nécessités de la discipline, ou la raison d'Etat ; et bientôt cette discipline morale ou sociale devenait elle-même une base nouvelle pour les croyances. Pareille tendance, issue des habitudes du protestantisme et des données du problème religieux en xlllemagne, remontait aux premières années de la crise, et la philosophie kantienne, nous le répétons, ne lui apporta qu'une confirmation sous forme de système opportun. — Déjà en 1777, Resewitz, déplorant le déclin des croyances, s'écriait : « Veut-on encore attendre quelque enthousiasme religieux, alors que les railleries le chassent de la terre ?... mais pourquoi ne met-on pas plutôt un enthousiasme philosophique ou politique à sa place ? ^^ »
68. Hegel, Ueber das Verhaltniss dcr Naturphilosophie zur Philosophie ûberhaupt ^1802). G. W. Fr. Hegel's Werke. — Vollstàndige Ausg. durch einen Verein von Freunden des Verewigten, 1. Bd. Berlin. 1S32. Verlag von Duncker und Humblot, p. 315.
69. Fr. G. Resewitz, Gedanhen, Vorschlage und Wunsche zur Verbesserung der ôffentUchen Erziehung. i. Bd., 1. Stiick. Berlin und Stettin. 1777, p. 13.
A ces paroles propliétiques, se joignait un appel à la patiente discipline, qui fait les nations. Il convient, disait encore Resewitz, d'envisager la carrière de l'instituteur « avec les yeux d'un patriote qu'anime toute l'ardeur de former des liommes, et d'éduquer des citoyens pour l'Etat "^^ j, Qr n'oublions pas que beaucoup de choses s'acquièrent non point par « l'initiative proprement dite et la nette intelligence, mais d'une façon analogue aux exercices mécaniques du corps » "^^ Prolongeant cette juste évocation de l'œuvre future de l'Allemagne, Resewitz ajoute : « Peut-être ai-je à craindre le reproche qu'une telle éducation, un tel entraînement au labeur, n'engendre pas des hommes libres, mais des esclaves : dans une certaine mesure, cela pourrait paraître fondé, si l'on ne considère qu'un côté de la chose, l'abus politique qu'on peut faire de tels entraînements, et qui sans doute a déjà été commis... Mais le labeur fait des caractères fermes et endurants, des hommes résolus '^^ ». A quiconque doute de l'Allemagne, il répond : « Ta police d'Etat doit soutenir l'universel système d'éducation, conserver et fortifier dans tes concitoyens ses bons résultats ; et avec une volonté de Romain tu dois l'opposer à tous les exemples et exercices qui énervent l'esprit et l'activité... "^3 ». — En 1779, l'auteur anonyme de « Considérations sur l'éducation des fils et des filles » propose qu'à l'exemple de Sparte on fonde des établissements d'instruction publique pour des enfants de deux à sept ans, afin de leur inculquer immédiatement la discipline. « Avant