‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 192 sur 210 · Cf. nos Origines niystU2ues de la Science allemande · texte numérisé non relu

Cf. nos Origines niystU2ues de la Science allemande

128. Treitschke, éd. cit., 24. Bd., 1. Tlieil, Bis zum zweiten Pariser Frleden, 5. Aufl., p. 309.

o4ï DU CHRISTIANISME AU GERMANISME

de leur vie à cette Culture pangermanique qui résultait du Protestantisme » ^'^^.

Vision apologétique de la mission humaine du Germanisme.

Ce natioualisme intellectuel qui apporte aux temps modernes la révélation de sa « Culture », trouve des apôtres qui, reprenant au profit de l'Allemagne le rêve humanitaire et mondial de l'apologétique chrétienne, ne conçoivent plus Fhistoire universelle des peuples qu'à la manière d'un acheminement prédestiné vers leur Evangile national.

Jung-Stilling, dans un roman messianique où l'armée du bien, partie d'Europe, conquiert quelque fabuleux monde oriental, présente déjà un Germanisme maçonnique , essence de l'Europe « initiée » 13^, qui commande et organise. « L'xlllemagne était leur station principale, pour cette raison, que l'Allemagne, tant par la population que pour les connaissances solides, est la mère du reste de l'Europe, si j'en excepte la Russie, la Pologne, la Hongrie et la Bohême. Même l'Italie est... à l'origine une colonie allemande. Toute découverte d'universelle étendue, en religion, en philosophie, et dans les autres arts et sciences, est d'origine allemande ; et le caractère national allemand est aussi, parmi tous les peuples européens, le mieux fait pour tout ce qui coopère à la destinée des

1-29. Treitschke, éd. cit., ij. 310. — A l'époque du Romantisme, rappe:ons-Ie, il y eut néanmoins plusieurs conversions fameuses : des protestants pas5-èrent au catholicisme; mais ils n'en attendaient en vérité qu'une image plus pompsuse et grandiose de leur société mystique idéale, et y faisaient entrer le rêve germanique de l'époque. Cf. ci-dessus, chap. V.

130. " ... il associa à chacun d'eux un assistant, qui était un Européen, un Initié... ». — Joh. Heinr .Tung's, genannt Stilling, SammtUche Wcrhe. Neue Voilstandige Ausg. Stuttgart, 4. Bd. Bas lleirnweh, 3. Thell, p. 856.

LA c( CULTURE » ET LE GERMANISME 345

hommes 131 », « Le destin de l'Allemand », s'écrie Sclielling, pour sa part, en une vision maçonnique ^32 Je l'éducation humaine dans l'histoire, (f ne serait-il pas l'universel destin de l'homme, en ce sens que seul il franchirait toutes les différentes étapes que les autres peuples représentent isolément, pour réaliser à la fin la plus haute et la plus riche unité dont soit capable la nature humaine ? i33 » Aussi Frédéric Schlegel recherche à travers les nations le « Verbe » impérissable de la Révélation divine. La Perse, l'Orient, les Hébreux, la Grèce défilent en ce tableau : et nous arrivons à l'Allemagne, qui synthétise le goût artistique des Italiens, la raison et la rhétorique des Français, le talent historique des Anglais, la poésie et le patriotisme des Espagnols. L'esprit germanique est le sens intérieur qui réunira ces quatre forces élémentaires en une vivante conscience. Ainsi, notre époque ressuscitera le « Verbe » éternel ^^^.

Le Germanisme, nouvelle religion « rationnelle » et « naturelle » de l'univers, se définit, suivant la mode du siècle, à la façon d'un ésotérisme maçonnique, d'une confrérie d'initiés qui détiendrait la « Vérité » ou la « Culture » et aurait mission d'en instruire les hommes... selon les formes de sa propre discipline.

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