Epilogue. Germanisme intellectuel, Germanisme dans l'action
Le Germanisme n'eut qu'à se développer. Il était issu d'une réaction utilitaire contre les « lumières » du XYIII® siècle. Enflammés par le « besoin d'Etat », les premiers organisateurs, parce qu'ils opposaient leur vouloir au progrès de l'esprit, à la civilisation moderne, eurent naturellement conscience d'une originalité singulière, ils se sentaient déjà tressaillir d'un orgueil réaliste et national. En face de la France optimiste, confiante, trop généreuse, ils suscitaient une discipline pour qui la vérité n'était qu'une servante soumise. En condamnant la France, imprudemment amie des « lumières », ils se sentaient grandir ^^^. Ils étaient l'organisation prévoyante. Que l'on supprime la Eeligion, où sera le sentiment de 1' « obéissance ponctuelle », « quels hommes devront à l'avenir gouverner l'Etat, protéger l'Etat et obéir à l'Etat ?... Où prendrons-nous des hommes gui se laissent employer aux plus dégoûtantes et aux plus basses besognes, qui pourtant nous sont si indispensables f Quels soldats ont été les Français depuis l'époque de Louis XIV, alors que les lumières et avec elles le luxe et la débauclie se sont accrus ?... Le vulgaire ne doit point ratiociner, mais croire et agir » ^^^. On se glorifiait de cette besogne intéressée qui sauvait l'Etat : et puis on se découvrait une mission visà-vis du peuple, qu'il ne fallait éduquer que par des mensonges ou d'illusoires prestiges. Avec un peu plus d'orgueil encore, et en s'appropriant tout