Cf. ci-dessus, chap. IV-VI
136. Ueber die Grdnzlinien der Auihlurung. Berlin, 1788. Im Verlag der Buchhandlung der Konlglichen Realschule, p. 60-62.
l'idéalisme du siècle, on parlait à « l'humanité ». Une « raison pratique » qui était — par droit divin — de tout temps et de tout pays ^^'^, postulait Dieu, riiistoire, la conscience du passé, selon qu'elle en avait besoin. La discipline n'était plus seulement la force, le moyen de l'Etatisme : elle devenait sa mission. On commençait à parler de « Culture » pratique, pour le bénéfice d'une organisation d'Etat.
Il en naquit un délire intellectuel : de là sa profondeur, son opiniâtreté, et son absurdité particulière. C'est le principe d'une discipline d'Etat — brutalement affirmé d'abord, puis transformé en passion mystique — qui devint pour le protestantisme d'Allemag-ne, au X\'III® siècle, une sorte de religiosité nouvelle et la parodie de T Idéalisme moderne. Il s'arme de tout le rêve du XVIII^ siècle finissant. Il se dit l'esprit humain, et c'est pour lui commander. Il s'appelle « Culture »; et pourtant il n'est à son origine et dans son développement qu'une besogne utilitaire et violente qui opprime la vérité, et avec elle la civilisation.
A priori, ce que veut l'Etat est conforme au « besoin » des peuples, puisqu'il a mission de les éduquer. L'Etatiste Ronnberg, en 1790, disait déjà que le dogme de l'Eglise protestante, nécessaire pour la discipline, était l'expression du « besoin » populaire ^^^. Et Bahrdt — qui d'ailleurs fut emprisonné pour son libéralisme — lui répondait avec une simplicité lumineuse : laissez de côté « ce fatras d'affirmations », philosophie, droit naturel, volonté des peuples, et dites brutalement mais franchement : c'est la raison d'Etat. « Aussi longtemps