Vrktindenhuch der Asiatischen Briider, p
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d'après Bahrdt ^, « fut franc -maçon, il fut un Vénérable ». D'ailleurs les apôtres Pierre, Jacques, Jean et André faisaient partie de l'élite des maçons, ils étaient Frères du 3^ degré et initiés entièrement aux mystères ; leurs compagnons étaient frères du 2^ degré, — La personnalité du Christ est un attrayant sujet pour la fantaisie des théoriciens; ne demeure-t-il pas, parmi les maîtres religieux de l'humanité que l'Histoire convoque pour un instructif tahleau, le plus imposant par l'autorité historique de sa doctrine, par son « humaine » importance ? Chacun imagine à son gré le sens de la « Tie de Jésus » : elle est un modèle de ce qu'on rêve, elle justifie un idéal du présent. L'orthodoxe Teller revendiquait Jésus pour l'orthodoxie. Frohberger, un libéral, proteste ^^ du libéralisme de Jésus. — Ce ne serait encore qu'une querelle assez commune. Mais voici de nouveau les idées de l'époque, prêtées nettement au « fils de Dieu », qui incarne tour à tour des rôles inattendus et divers. Xous lisons ^ que Jésus était un déiste, « le plus grand déiste ». « Et qu'on ne s'effraie point de cette énonciation », ajoute le théoricien, un dignitaire de l'Eglise ; « qu'on ne voie point ici de blasphème » . Lorsque Jésus prêchait la vérité sur Dieu et la providence, il invoquait le témoignage de la « nature », il ne voulait point l'adoration « d'une Révélation écrite »! — Le « déisme » du Christ conférerait son autorité à
34. "D'après : ^'àhere Beleuchtunrj dir deutschen Union, wobei zuQlcAch gezeigt wird. wie man fur einen sehr wohlfeilen Preis eiii Sclïottischer Maarer werden hann. Frankf. und Leipzig, 1789. p. 36.
35. G. G. Frohberger, Der chiistUchgesinnte Bûcherrlchler . Eïn Schreiben a?} Herrn D Johann Fr. Tellern... wegen des Buchs, betitelt .• Cryptopelagianismus... Gorlitz und Dessau, p. 13.
36. Bruunschweiger Journal, V. Stûck, von 1789. Haben die Christen Ursache, so sehr wider den Deismus zu eifern? p. 24-27.
celui de riiistorien. Aussi s'aiTaclie-t-on, avec un zèle d'apologistes, la personne de Jésus. « 0 mes frères ! » s'écrie l'un des combattants 37, « ne l'acceptez point de la main des théologiens » ; acceptezla plutôt de la nôtre ; ils en ont fait un « sopliiste », ils méconnurent la simplicité de sa sagesse et n'inventèrent qu'une parodie de ses intentions, un vain amusement.
Donc, en ces fantaisies rétrospectives sur la « Vie de Jésus », les théoriciens ne cherchent que l'apologie de leur propre système de religiosité. Observons une application plus grave de cette manie intellectuelle, et à ce sujet ouvrons une parenthèse. En Allemagne — comme nous le verrons ailleurs — l'utilité sociale de la religion, jugée indispensable pour le peuple, sert de principe à l'enseignement religieux comme à la philosophie. L'instruction morale du peuple, dit un philosophe ^, est « la couronne de toutes les sciences » ; dès lors, le même philosophe, Johann Snell, admire dans Socrate une sorte de théologien habile, un « maître de morale populaire ». De même Jésus aurait enseigné que a la Morale populaire doit être notre premier souci, si nous voulons être d'utiles éducateurs ». — Or, en outre, la philosophie allemande soumet la religion à l'argument « pratique » ; l'éternelle félicité d'une vie future se démontre par un postulat : elle est nécessaire à la morale, alors elle est exigible, céleste récompense qui couronne l'obéissance au devoir. Et, par suite, n'est-il pas évident que la félicité de Jésus fut la juste compensation de son
37. J. n. ScHLOSSER, Anti-Pope Oder Versuch ûher den Natûrliclien Meusrhen. Leipzig. 1776, p. 142.
38. Joh. Peter Ludwig Snell, cntih der Volhsmoral fur Prediger nach Kantichcn Gnuulsdtzen bearbeitet. Frankf. und Leipzig, 1793, p. 2-3.
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a obéissance à la loi divine » ^9 ? Le tliëologien Jean- Guillaume Schmid ^^ va plus loin : c'est le Kantisme lui-même, les principes de la « Raison pratique », qu'il prête au Christ et à ses apôtres, car « les vérités et les principes moraux du système Kantien sont de date immémoriale », ils sont inhérents à l'esprit humain ; et Kant les a seulement révélés. Faut-il s'étonner que Jésus, le suprême éducateur, ait professé les leçons de la « Raison pratique »? — Singulier exemple de cet évangélisme du siècle, qui se ressuscite des ancêtres et rend l'humanité garante de ses alfirmations. Or, qu'est-il, en Allemagne, l'évangile de cette fin de siècle ? un besoin a pratique », une organisation sociale, un intérêt d'Etat. Singulière menace pour l'avenir, si ce Germanisme, imitant son époque, décore son rêve despotique et utilitaire du nom fameux d'Idéal humain.
Jésus, disait-on même, avait été un habile imposteur qui vanta au peuple un imaginaire royaume des cieux, afin de soumettre ce peuple à une sévère morale. Bahrdt ^^ ne montrait-il pas Jésus et ses apôtres occupés à duper la foule ? Mais l'apologie du mensonge « utile » à la discipline et à l'Etat trouvera en Allemagne une prodigieuse faveur : la croyance aux miracles, que les historiens veulent infirmer, demeure en tout cas, pour le peuple, une salutaire illusion qui sert les desseins de son instructeur, fonctionnaire en morale. Dès lors, Jésus ne fut-il pas lui-même un « Imposteur » bienfai-
39. D. Gottlob C. Storr's, Bemerkungen ùber Kant's philosophische Religionslehre. Aus dem Lateinischen. Tùbingen. 1794, p. 67.
40. J. W. Schmid, Ueber den Geist der Sittenlehre Jesu und seiner Apostel. Jena, 1790, p. 38-39.
41. Cf. Bahrdt, Briefe ûber die Bibel im Volhston: et: Magazin fur Religion. — Cf. Erklârung der theolog. Facultat zu Halle..., 1785. — Dans : Bahrdt, Appellation an das Publihum..., 17S5, p. 82.
sant ?... Il traitait les hommes en raison de leurs préjugés, il tirait parti de leurs erreurs ^2. Par « cette conduite avisée », il s'est donné bien souvent l'autorité d'un faiseur de miracles, alors que les choses se passaient de façon « tout à fait ordinaire » . — Le Christ est converti au système des éducateurs prussiens.
La « Science de l'homme » dans les Mystères de la Franc -Maçonnerie.
On réduisait volontiers le christianisme à la psychologie de Jésus, des apôtres ou des prophètes. Les historiens avaient fait des religions l'œuvre de l'homme et de la nature : le savoir universel qui s'en dégageait était une science de l'Homme.
La science de l'homme dans le présent est de même une obligation pour la Maçonnerie. La connaissance particulière des personnes qui l'entourent et demain peut-être seront affiliées, n'est pas de moindre importance que l'évocation de l'humanité à travers les temps. Les contemporains, instructif spectacle, passent sous nos yeux. La Maçonnerie vante l'usage d'une « caractéristique » analogue à celle qui devait tracer les grandes figures de l'histoire religieuse ^^^^ Mais le sujet, cette fois, est d'une actualité vivante. Les détails abondent, on peut se passionner. Dans la société des 0 Evergètes », il est permis à chacun de proposer de nouveaux membres ; mais tous les affiliés auront pour chacune des personnes qu'ils désirent recevoir ou exclure, des feuilles particulières, personnelles,
42. Johann Christian Friedrich Eck, Versuch die Wundergeschichten des N. T. aus naturlichen Ursachen zu erklaren, oder der Beweis von den Wundern in semer wahren Gestalt. Berlin, 1795, p. 315-316.