Id., p
47. Cf. J. J. Ch. BODE Heft C. Nr. 4. Die Geheime Schiile. Weimar, 1788.
48. « Einige Originalschriften des Illuminatenordens », trouvés chez le conseiUer Zwack. les 11 et 12 octobre 1786, à Landshut.
à ses parents, et les caractérise : son père a pour particularités essentielles un tempérament emporté et l'amour de la vie de soldat. Sa mère, coupable de quelque avarice, est active ménagère. Dans leur vieillesse, ils inclinent à l'égoïsme, ils aiment le confortable et leurs aises. Ils sont amis du vieux temps. Ils ont un peu d'entêtement ; ils tiennent aux résolutions qu'ils ont prises ; ils n'oublient pas volontiers leurs aversions.
L' a Illuminisme »>9 est exigeant et méthodique : il divise le travail. Le chapitre de la « Personne » est fort étendu : après le nom du récipiendaire, son âge, la désignation de son lieu d'origine, il passe au signalement individuel : est-il gras, est-il maigre, ou bien « entre les deux » ? Est-il élancé ou mal fait ? A-t-il des infirmités ? Est-il borgne, sourd, bègue, contrefait, boiteux, bossu, dé jeté, louche ? xl-t-il le teint pâle ou haut en couleur r* Quand il parle, regarde-t-il les gens avec bonne humeur et de franche façon, ou bien montre-t-il de la gêne ? Est-il incapable de soutenir le regard ? Et quelle est l'expression de ses yeux ? vive, pénétrante, a dolente, énamourée » ? A-t-il les yeux enfoncés dans la tête ou proéminents ? Lorsqu'il plisse le front, est-ce en lignes horizontales ou perpendiculaires ? Et sa voix est-elle charmante, enfantine, ou profonde ? chantante, assourdissante, ou suave ? bégaj^ante, aisée, monotone ? Est-il d'apparence distinguée ou vulgaire ? Balance-t-il les mains en marchant ? Et que vaut sa santé ? Nous arrivons à l'éducation : A qui la doit-il? Fut-il toujours sous les yeux de ses parents ? A-t-il voyagé,
49. Cf. Der echte Illuminât oder die wahren, unverbesserten mtuale der llLurninaten, Eiessa, 1788. — V. niuminati II. Klasse II. Der grôssere Illuminât (lUuminatus major), p. 150 sqq.
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et dans quelles régions ? Mêle-t-il à son langag'e des termes étrangers ? Quelles sciences lui sont familières ? Aime-t-il les arts ? A-t-il du génie, et quelle en est la nature ? poétique ou philosophique ? Sait-il ciseler, fait-il des boîtes en carton ? Quels sont ses talents ? A-t-il de la présence d'esprit ? Surprend -il par des inspirations pleines de hardiesse ? Où place-t-il son bonheur : dans une vie tranquille, ou dans la gloire, le pouvoir, les plaisirs des sens, la richesse, les sciences, la vérité, la vertu ? Et quelles sont ses habitudes ? Aime-t-il à contredire ? Se dit-il sans cesse mieux renseigné qu'autrui ? Dit-il du mal de la religion ? et des gouvernants ? du clergé ? de la noblesse, de l'armée, des savants, des journalistes ? Et comment se comportet-il en amour ? Quel genre de femmes préfère-t-il ? Des femmes de son rang, distinguées, de basse condition, ou la première venue, ou des femmes romanesques ? Est-il jaloux ? Est-il le même pour ses égaux et ses inférieurs ? Est-il un habitué du cabaret ? Est-il ivrogne ? Quelle est sa fortune et sa réputation, et sa religion ? Est-il pratiquant avec mollesse, avec ferveur, est-il superstitieux ? Et sa correspondance, à qui s'adresse-t-elle ? Les réponses sont-elles régulières ? Garde-t-il ses lettres en lieu sûr ? Les laisse-t-il traîner ? Dort-il longtemps, souvent, par plaisir ou paresse, ou par l'effet d'une maladie ? Peut-on l'éveiller sans peine ? Quelle mine fait-il quand on l'éveille subitement ? Parlet-il dans son sommeil, rêve-t-il, et comment ?
Dans la Maçonnerie, écrit le Erère Ragotzky ^, nous retrouvons « l'Homme », que la vie conventionnelle de tous les jours dérobe à notre vue. Il
50. Karl August Ragotzky, Unterhaltungen fur denhende Freimavrer. Berlin, 1792, p. 28-29
s'agit d'une science de l'IIomine, en effet. Mais savoir sert à prévoir, et prévoir à pouvoir. La Maçonnerie, qui est une a science » agissante, étudiait avec un soin minutieux cette « humanité » restreinte dont elle disposait : le milieu maçonnique lui-même était objet d'expérience pratique. Cette connaissance de l'homme en action, cette secrète possession de l'individu et de son vouloir, servait la grande humanité, dont l'initiateur est l'Esotérisme.
Encore un thème de l'époque : rôle de l'Homme, du Prêtre, dans les « Mystères » de l'antiquité? Sagesse philosophique, ou dissimulation cléricale ?
Dans les théories sur l'Histoire, « l'Homme » était devenu la raison d'être et comme le théâtre des religions.
Les prêtres surtout n'avaient-ils pas été des hommes, plutôt que les ministres inspirés d'enhaut r Le a problème du prêtre », comme nous pourrions l'appeler, s'offrait aux théoriciens, mais il était surtout un thème accessible aux passions politiques : son intérêt théorique s'effacerait.
Ici encore, l'actualité était servie par les historiens. Or les historiens avaient eu pour maîtres les Apologistes. Ceux-ci en appelaient au témoignage des temps, ils réclamaient à la conscience antique l'aveu des vérités chrétiennes ; les prêtres du paganisme avaient vu la « Lumière », et les Mystères en étaient le foyer.
Rappelons-le ici brièvement ^^ : il était entendu que les Sages avaient dissimulé leur croyance à la