Cf. ci-dessus
LE DANGER d'iRRÉLIGION ET LE PROBLÈME POLITIQUE \ 2'-)
Cet intérêt se suffit à lui-même : la ferveur d'une intention religieuse en est absente, puisque la religion, bien loin de fournir la suprême excuse, joue le rôle secondaire d'un instrument : et le but, c'est l'intérêt d'Etat. De plus le problème n'est pas seulement pratique, mais théorique, question de vérité d'enseignement. Ajoutons que la solution n'est point le silence, mais une instruction positive. En outre, elle ne se présente pas comme un conseil discret d'babileté, mais se recommande avec autorité, dans des écrits destinés à un public officiel : la confrérie des initiés dirige un Etat. La théorie est vouée à une application immédiate dans cet Etat ; elle est d'importance vitale, elle passe à l'ordre du jour. Elle y parvient d'autant mieux, que les conseilleurs sont des fonctionnaires et avant tout se considèrent comme tels, qu'ils soient théologiens ou philosophes, professeurs. Le gouvernement, l'Eglise, l'opinion, leur propre conscience, inspirent à ces hommes la conviction d'un tel rôle : ce qui fait que leur œuvre nous représente l'éducation d'un Etat.
Il nous reste à préciser la nature du milieu, ses tendances, et une autre cause de la réaction — non moins pressante pour le protestantisme, que l'irréligion menaçante ^'^\ Alors, l'importance, les données, et l'originalité du problème étant présentes à notre attention, nous suivrons la formation première de cette conscience qui fera l'Allemagne.