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12'l DU CHRISTIANISME AU GERMANISME
duperie est préméditée et absoute. Elle ne dérobe pas seulement la connaissance du vrai, elle invente au besoin les erreurs opportunes. Quel motif invoquer ? L'infériorité intellectuelle du profane serait un premier prétexte : le monde a besoin d'erreurs, 7nundys mit cJecipi. Le mandarinisme mène à l'obscurantisme : la conviction d'une vérité d'initiation conseille d'entretenir ou de produire l'illusion du profane. Un autre prétexte est alors fourni par l'inteiition de servir une fin supérieure, religieuse comme l'enseignement qu'on donne. Hermès nous a proposé cette excuse.
Mais ces divers prétextes, ravivés par l'incrédulité d'un siècle sceptique, qui chercbe volontiers autre chose que a la plus grande gloire de Dieu », sont d'une pureté douteuse, lorsque le premier souci qui les réveille est précisément le désir que cette incrédulité ne se répande point. Le premier phénomène que nous avons observé était la négation progressive du Merveilleux chrétien. En même temps, dans l'Allemagne protestante, un mouvement général se dessine, et tend à substituer aux convictions, dans l'enseignement religieux, une raison extérieure aux croyances : l'intérêt d'Etat. Le calcul humain des prêtres fonctionnaires apparaît comme la forme immédiate de cette dégradation de la conscience religieuse, qui accompagne les progrès de l'irréligion ^.
La situation est définie par l'époque et le lieu. Le siècle apporte le flot qui menace l'Eglise ; or en Allemagne le protestantisme d'Etat réagit. ÎSous n'avons constaté jusqu'ici que cette volonté, mais polir en définir les données originales. Elle fait intervenir un intérêt étranger au souci de la vérité.