‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 69 sur 210 · Id., p. /i · texte numérisé non relu

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la question qui nous divise... ^-^ Et dans les cabinets de nos princes, on autorisera plutôt l'huile sacrée qui se donne gratuitement, que la taxe à la chancellerie romaine... Le plan de notre union, noble philanthrope, doit donc procéder comme il suit : aplanir les difficultés d'abord politiques^ ensuite théologiques: et j'attends que vous me renseigniez sur le premier pas ».

La réaction contre le danger catholique nous ramène donc à cet « intérêt politique » dont l'idée permanente domine cett-e période et fait l'Allemagne. L'Eglise protestante menacée, c'est l'Etat menacé. La terreur est double; le mouvement intellectuel du siècle ébranle, avec les croyances, la discipline sociale ; du moins on le craint : la librepensée, en Prusse, provoque les premières alarmes. L'autre péril s'ensuit, indirectement : le protestantisme aiïaibli n'est pas seulement exposé à la Révolution que l'Europe sent gronder vers l'Ouest ; il redoute un revirement vers la foi catholique.

La religiosité n'est pas morte, au siècle des « lumières » ^-^. Il est des âmes pour qui la Science et l'Histoire ne seront qu'un nouveau rêve mystique, et comme un chant intérieur. Mais d'abord, dans le désarroi des croyances contestées par la libre-pensée apparente, le mouvement spontané des chrétiens demeurés fervents n'est-il point de rejeter raison et savoir, pour redemander au cœur l'illusion emportée par l'esprit ?

Le catholicisme, immuable au-dessus des querelles protestantes et du scepticisme raisonneur que le siècle a mis au jour, otfre la foi qui dédaigne une infirme raison.

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