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Mois.
Les nombreuses observations que nous avons faites sur l'humidité de l'air, jusqu'à ce jour, nous prouvent que, pour obtenir des résultats comparables, il ne suffît pas seulement de faire usage d'instruments identiques, mais encore il faut que l'heure et le degré d'altitude soient rigoureusement respectés. Ainsi, en i85g, le lieu de nos observations étant un
jardin, à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, nous avons obtenu, pour humidité annuelle moyenne, 76,7 pour 100, tandis que, les années suivantes, nous trouvant, sur une terrasse, à environ 20 mètres au-dessus du niveau de la mer, nos moyennes annuelles n'ont jilus dépassé Go pour 100. Russegger ne nous dit pas dans quelle localité ni à quel degré d'altitude il a recueilli ses deux mois d'observations; il admet toujours pour moyenne 76,1 pour 100, peu différente de celle que nous avons obtenue dans la station la plus basse de nos observations. Les extrêmes de l'observateur allemand sont compris entre 82,8 et 52,6 pour 100. Si nous voulions prendre une moyenne de nos relevés annuels, nous obtiendrions, comme degré de l'humidité moyenne annuelle, (>4,8 pour 100; mais ce résultat, comme celui de Russegger, est évidemment trop élevé , puisque nos premières années d'observations ne portent que sur quelques mois, comme celles de Russegger. Nous ne croyons donc devoir accepter, comme moyenne de l'humidité, à Alexandrie, que le résultat de notre dernière année d'observations, qui est 60,7 pour 100. La plus grande humidité que nous y ayons constatée, c'a été 90 pour 100, le 18 octobre 1860, à la lecture du matin; la plus grande sécheresse a été de 16 pour 100, le i5 mars, à la lecture du soir. Ainsi, dans cette localité, les plus fortes oscillations, entre les proportions de la vapeur d'eau contenue dans l'air, peuvent atteindre jusqu'à 74 degrés.
Les différences entre le degré d'humidité des moyennes mensuelles de l'année sont peu considérables, puisqu'elles oscillent entre 56, 1 et 67,3 pour 100; ces variations peuvent même se présenter dans un jour, entre l'observation du matin et celle du soir, en temps ordinaire, et en dehors des
grandes perturbations de l'air. A l'époque du khamsin, comme le 1 5 et le i4 mars, par exemple, nous voyons le degré d'humidité de l'air tomber de 87 à 16 pour 100, ce qui donne une différence de 71, en peu d'heures. Quoiqu'elles ne soient pas toujours aussi énormes, les variations entre le matin et le milieu de la journée sont rarement inférieures à 10 degrés; les moins considérables correspondent à l'automne et à l'été, et les plus fortes tombent au printemps et à l'hiver.
Le relevé de notre journal nous montre, chaque année, un abaissement du degré d'humidité allant jusqu'à 20, 18, 16 et même i5 pour 100, au moment où régnent les vents du sud. La sécheresse indiquée comme extrême, par de Humboldt, et qui serait de 16 pour 100, n'a donc rien de bien singulier, puisque nous savons que l'organisme vivant résiste à de plus grandes sécheresses encore. Mais jusqu'à quel point est-elle compatible avec l'intégrité de la santé et jusqu'à quel degré la vie peut-elle lutter contre ses effets? C'est ce que nous ne pouvons pas encore déterminer.
§ II. Station moyenne de l'Egypte.