DIRECTION DES VENTS
TOTAUX
Il résulte de ce relevé qu'il règne au Caire plus souvent un vent de Nord, avec de fréquentes déviations à l'Est, tandis
que les vents d'Ouest y sont moins fréquents, et que ceux de Sud y régnent le plus rarement; les rapports sont à peu près les mêmes, suivant les observations de Destouches. Ainsi, suivant Coutelle :
les vents de Nord ont régné plus souvent que ceux de S 4.77 fois.
— — — — de 0 3.19 —
— — — — de E 1.76 —
Suivant Destouches :
les vents de Nord ont régné plus souvent que ceux de S 5.89 fois.
— — — — de 0 2.23 —
— — — — de E 4.45 —
Cependant il est facile de voir, par les rapports précédemment énoncés, que les vents d'O. semblent devenir plus prédominants, dans les temps modernes, qu'ils ne l'étaient il y a un demi-siècle ; et, si nous avions des observations plus récentes, nous trouverions probablement des faits plus concorr dants encore avec ceux que nous avons constatés à Alexandrie.
Quant à cette prétendue fixité des vents pendant telle ou telle époque, rien ne nous autorise à l'admettre. En jetant un coup d'œil sur le tableau ci-dessus, on voit qu'il règne au Caire, chaque mois, des vents d'E. et d'O., tout comme des vents de N., et que ceux de S. manquent seulement dans les mois de juin, juillet, août et septembre. Les observateurs notent cette particularité qu'au Caire les vents de S. sont secs et chauds pendant l'été, et froids et humides quelquefois en hiver. Cette dernière condition est réellement fâcheuse pour les malades ou les valétudinaires qui viennent passer l'hiver au Caire. La prédominance des vents de N. pendant l'été est,
au contraire, pour les habitants du pays, une cause qui tempère les chaleurs excessives. Vers la fin de l'automne, en hiver et au printemps, régnent alternativement tous les vents, et celui du N. n'est pas même toujours le vent prédominant.
D'après les observations de Destouches, le khamsin règne au Caire, depuis cinq jusqu'à dix-huit fois, et, terme moyen, onze fois l'an. Si ce vent se montre, avec les phénomènes que nous avons décrits ci-dessus, en mars et en avril, le plus souvent, il apparaît aussi en février et même à la fin de janvier, pour finir toujours en juin. Toutefois il n'y a presque pas d'année où il ne se montre encore pendant quelques jours, en novembre et aussi en octobre. Encore ici nous devons rejeter l'hypothèse qui consisterait à voir, dans le khamsin, moins un vent chaud et sec que le résultat de phénomènes électriques, semblables à ceux qui accompagnent les orages, dans la zone tempérée ; nous attendons même, pour discuter cette opinion, que nous possédions des faits authentiques et rigoureux sur cette question.
D. État du ciel.
Il est généralement reconnu qu'il règne au Caire une sérénité du ciel à peu près constante, quoiqu'il arrive cependant, principalement en hiver, que le ciel se couvre, qu'il fasse des temps nébuleux, qu'il y ait des brouillards, et qu'enfin il y pleuve. Les cinq années d'observations de Destouches donnent une moyenne de 720, pour la sérénité du ciel; de 245, pour l'état nuageux; de g5, pour le temps cou-
vert; de 25, pour les brouillards; de 12, pour la pluie, et de 3, pour les orages, sur 1,101 observations.
On sait, depuis l'expédition française, qu'il pleut au Caire comme dans le Delta ; M. Jomard-Rey rappelle qu'il y avait, en janvier 1799, plusieurs jours de pluie, et que, le i5 du même mois , il a plu du matin au soir, au point que les rues, devenues très-boueuses, étaient presque impraticables pour les Egyptiens peu habitués à ces phénomènes. En janvier 1800, il signale une pluie assez forte pour le pays, dit-il, puisqu'elle a duré trois quarts d'heure. On cite, clans l'histoire de l'Egypte, des pluies qui ont dévasté les tombeaux qui se trouvent au nord-est du Caire ; d'autres pluies qui ont duré dix jours; et M. Pruner-Bey dit avoir vu la pluie durer pendant trois jours consécutifs, au mois d'avril, en i832. Dans les observations de Destouches, nous voyons que, dans une année, il pleut depuis cinq jusqu'à seize fois, et, en moyenne, douze fois. Il est juste cependant de faire remarquer, à ce sujet, que ces nombres ne désignent pas précisément des jours de pluie, car il arrive, le plus souvent, qu'il ne tombe que quelques gouttes d'eau, dont la quantité est même inappréciable, et les plus fortes pluies, qui sont toujours des averses, ne durent ordinairement que quelques minutes. Les conditions météorologiques que nous venons de rappeler sont du reste tout à fait exceptionnelles.
La quantité moyenne annuelle d'eau qui tombe au Caire, suivant les cinq années d'observations de Destouches, est de34mm,o, ce qui, en prenant pour le nombre des pluies annuelles 12, nous donne 2mm,8 par jour de pluie. Le maximum d'eau tombée, pendant cette période de cinq ans, a été 59mm,g, et cela en i835; la quantité la plus faible est tombée
en i83g; elle a été seulement de 7mm,9, ce qui donne, pour la moyenne de douze époques de pluie, omm,66 pour chaque époque.
En rapprochant ces faits de ceux qui ont été ohservés à Alexandrie, nous voyons qu'il tombe dix fois moins d'eau dans la première que dans la seconde de ces villes. Les époques de pluies y diffèrent également ; ainsi, sur le littoral, il pleut surtout depuis le i5 décembre jusque vers la fin de février, tandis qu'au Caire, d'après le journal de Coutelle et les observations de Destouclies, il pleut depuis novembre jusqu'en mai, quoique en quantité souvent très-minime. Quant aux proportions extrêmes des pluies et à leur date, nous les relevons dans le tableau suivant:
Tabl. XII.
ANNÉES