CHAPITRE PREMIER
De la place que l'Egypte paraît devoir occuper, quant aux conditions météorologiques, parmi les stations d'hiver.
Pour fixer le climat d'un lieu ou d'une région, par rapport à une autre, on est réduit, en général, aux seules observations de température, par suite des données insuffisantes que l'on possède jusqu'à ce jour sur la pesanteur et l'humidité de l'air, sur l'intensité magnétique du sol, la nature et la richesse de sa végétation.
On est ainsi amené à placer l'Egypte dans les pays chauds dont la température moyenne annuelle tombe entre -j.o et a3°. Mais les observations que nous avons rappelées précédemment tendent à prouver que, depuis le Delta jusqu'à la hauteur de la seconde cataracte, l'Egypte présente des conditions climatériques tellement distinctes qu'il est, pour ainsi dire, impossible de ne pas s'en tenir aux climats partiels des diverses régions que nous avons définies plus haut. En se basant sur la température seulement, la Thébaide déjà, ayant
une moyenne annuelle de plus de 25°, rentrerait dans la classe des climats brûlants ; et, entre la première et la seconde cataracte, les chaleurs sont encore plus prononcées. Du reste, les variations de température, qui exercent une si grande influence sur la santé des êtres, diffèrent d'une manière considérable suivant les saisons, les mois de l'année et les heures du jour, à mesure qu'on s'éloigne du littoral égyptien de la Méditerranée et qu'on gagne des parties plus méridionales sur le Nil. H y a donc là des climats semi -marins et des climats continentaux.
Le rapprochement que nous allons faire entre l'Egypte et les principales stations hibernales, Alger, Madère, Palerme, Naples, Rome, Venise, Nice, Hyères, Pau, etc., nous permettra peut-être de nous prononcer, avec une certaine connaissance de cause, sur la valeur du séjour dans ces localités pour des malades et des valétudinaires.
Pour mettre un peu d'ordre et de clarté dans un sujet aussi vaste, nous envisagerons, dans autant de paragraphes distincts , les conditions de température , de pesanteur et d'humidité de l'air, la nature et la direction des vents, les quantités de pluie, l'état du ciel et les phénomènes électromagnétiques connus et déterminés , quant à ces différentes localités.
§ Ier. Température de l'Egypte, comparée à celle des autres
stations d'hiver.
Dans un traité complet et spécial de climatologie, on serait engagé à parler de tous les points connus et signalés, comme offrant certaines conditions favorables à un séjour
d'hiver, pour telle classe ou telle autre de malades. Mais ce n'est pas là notre prétention, et nous ne croyons devoir comprendre dans notre parallèle que les localités qui ont aujourd'hui le plus de vogue, à tort ou à raison ; nous aurions peut-être dû limiter même notre comparaison à celles des stations qui, à priori, paraissent seules offrir des conditions climatériques analogues. Sous ce rapport, nous n'aurions guère à placer à côté de l'Egypte que les possessions françaises de l'Algérie et l'île de Madère.
Le but que nous nous proposons, dans ce travail, étant de chercher un séjour d'hiver pour des malades qui doivent fuir des climats froids, humides, inconstants et nuisibles à leur état, nous nous bornerons à indiquer, pour chacune de ces stations, les moyennes annuelles de la température et celles des mois d'hiver, avec les variations extrêmes contre lesquelles il s'agira d'y lutter. Pour rendre la comparaison de ces données plus sensible, nous les résumerons dans le tableau suivant :
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