‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 41 sur 77 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des diverses races d'Hommes de l'Egypte.

La population de l'Egypte pourrait fournir un argument sérieux aux partisans de l'acclimatement de l'homme dans des zones différentes. En effet, berceau du peuple qui a atteint la plus haute civilisation dans les temps reculés, l'Egypte a été habitée successivement et simultanément et par une population indigène, et par des peuples éthiopiens et asiatiques, par des Grecs, par des Romains, par des Arabes et par des Turcs. Ainsi des peuples étrangers, venus du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, se sont fixés sur les rives du Nil, où ils ont prospéré et où. ils se sont maintenus, pendant plus

ou moins de temps. Quoique la population actuelle ne renferme pas de descendants directs de toutes ces origines reculées; quoique le moderne Egyptien ne puisse pas être considéré comme résultant du mélange de ces variétés humaines, il n'est pas moins évident que toutes ces grandes familles y ont vécu, pendant des siècles, et qu'elles s'y sont éteintes, autant par les guerres et les envahissements successifs, que par suite de l'influence du climat. C'est là du moins ce que les faits semblent nous confirmer.

Quand on parcourt les villages du Said, et surtout ceux de la Thébaide, on rencontre, dans la population arabe, de ces types fins dont nous retrouvons les portraits parfaitement reproduits dans les bas-reliefs, sur les pylônes et les murs des temples de l'ancienne Egypte. Rien ne permet de douter que, dans cette classe d'habitants actuels du pays, il n'y ait réellement des descendants des Egyptiens des temps pharaoniques : c'est le même nez droit, fin et un peu allongé, qui est dans le portrait de l'ancien et sur le visage du moderne Egyptien ; ce sont les mêmes yeux, bien fendus et grandement ouverts, garnis de sourcils noirs peu épais et peu arqués ; c'est le même front droit et large, également bas chez l'un et chez l'autre type; une bouche petite, un menton droit, la saillie légère des pommettes contribuent à donner à l'en'semble du visage de l'original et de la reproduction une forme ovale très-harmonieuse. En exceptant les dynasties éthiopiennes, les portraits du type pharaonique, ainsi qu'on les voit encore sur les temples, n'ont ni grosses lèvres, ni nez aplati, ni cheveux crépus ; nous les reconnaissons tout comme les Egyptiens modernes de certaines classes de fellahs, ou Arabes laboureurs, artisans, ouvriers, etc., lesquels ont également une

taille même plutôt petite que moyenne. Nous ne saurions donc admettre, avec Volney, qui semble oublier complètement, dans son énumération des peuples de l'Egypte de son temps, tous ces nombreux représentants du type indigène, primordial et pbaraonique; nous ne saurions nous ranger à l'avis de cet écrivain illustre, qui soutient que les Arabes actuels du pays sont tous des descendants de ceux qui, sous Amrou, accoururent de l'Hedjaz et de toutes les parties de l'Arabie, chassant devant eux les Grecs vaincus. Ces habitants des pays du Nil n'ont de commun avec ceux que nous considérons comme des descendants des anciens Égyptiens, que la langue et la religion musulmane, qu'ils ont dû accepter de leurs derniers vainqueurs. Ce qui distingue ces Arabes, au premieraspect, des indigènes de l'époque pharaonique, c'est leur figure osseuse, la rudesse de leurs traits si accentués, leur stature plus élevée, en général leurs membres solides, robustes, quoique cependant peu gras ; et, en pénétrant plus loin dans l'analyse de leurs traits caractéristiques, on trouve qu'ils se distinguent aussi par leur nez, qui n'est plus droit et dessiné comme chez l'Egyptien, mais légèrement arqué et plutôt gros •pie moyen; par leur front élevé et sensiblement bombé en avant, par l'aplatissement latéral de leur crâne, au niveau des os pariétaux, et, enfin, par l'ensemble de leur visage, qui dénote une placidité d'esprit et un calme insouciant, tout à fait particuliers et propres à cette variété de la population égyptienne.

Ces caractères de la race arabe sont plus prononcés encore parmi quelques fellahs de l'Egypte moyenne qui, tenant à une origine plus occidentale, ont émigré à diverses époques dans ce pays, où ils ont apporté quelques-uns des traits des

Berbères. Ainsi, ils ont le corps plus svelte et plus élancé que les Arabes du Delta; leur système musculaire est moins prononcé. Ces Arabes, réunis sous des chefs distincts, formaient autrefois, dans le Said, des tribus particulières qui infestaient les rives gauches du fleuve, disputant souvent leurs rapines à d'autres Arabes maraudeurs, qui pillaient en même temps les villages de la rive droite. Ces peuplades nous conduisent à la troisième variété d'Arabes, à la race bédouine. C'est à ces diverses variétés que se ramène la plus grande partie de la population actuelle de l'Egypte.

Les Bédouins, que les anciens appelaient Scénites, à cause de leur genre de vie sous des tentes, se distinguent des autres Arabes dont nous avons parlé, par leur haute stature, la longueur de leurs bras et de leurs jambes, la finesse de leurs extrémités; par leur physionomie ouverte, leur regard hardi, leur œil perçant, comme doit être celui de l'habitant du désert; par leurs grands yeux noirs, parleur nez allongé et arqué, par le peu de saillie de leurs pommettes, par leur petite bouche et ses lèvres minces, par l'élévation du sommet de leur crâne, et par le prolongement de leur menton, caractères qui donnent à l'ensemble de leur visage une forme plutôt allongée qu'ovale, et une grande expression de fierté. Quand on les rencontre drapés, avec aisance, dans leurs grandes couvertures blanches de poils de chameaux, marchant la tête levée, on se sent pris d'une certaine admiration pour des peuplades qui ont du caractère et de la dignité. C'est contre elles que les pachas d'Egypte ont eu le plus souvent à lutter. La proportion de ces nomades, qui se réunissent souvent par troupes de cavaliers, et qui vivent ordinairement sur les limites égyptiennes des déserts libyques et arabiques, peut être évaluée à environ

a5 mille hommes. Ils plantent aussi parfois leurs tentes près des villes et des villages; et, sans être possesseurs du sol, comme les autres Arabes, ils prennent part aux travaux des champs, mais plus particulièrement à ceux de l'industrie; ainsi, on les voit, hommes et femmes, dans les chantiers de construction, dans les usines, dans les carrières de pierres, etc. Il y a encore, en Egypte, une seconde branche de descendants directs des indigènes pharaoniques, une famille des plus intéressantes, et par les phases malheureuses qu'elle a dû traverser, et par son caractère d'authenticité; c'est le peuple copte, qui a conservé, avec son type original, le nom même du pays qui n'a jamais cessé d'être sa patrie. Cette appellation de copte, kebt, kibt, keft, dérive du grec, Aïyuirroç, Égyptien, selon les autorités les plus compétentes. Les Coptes sont les véritables frères de ces fellahs arabes de la moyenne et de la haute Egypte dont nous avons trouvé les portraits sur les murs des temples pharaoniques ; comme ceux-ci, ils nous transmettent le reflet le plus fidèle des anciens Egyptiens. Leur isolement leur a permis de conserver non-seulement des traits caractéristiques, mais encore, à l'aide des signes relativement modernes de leur langage, ils nous font mieux connaître les mœurs et l'histoire de leurs ancêtres. C'est, en effet, par la langue copte qu'on arrive le plus sûrement à l'interprétation précise des hiéroglyphes ; mais, malheureusement, le peuple copte qui, aujourd'hui, vit épais sur les bords du Nil, a perdu jusqu'à l'usage de son propre idiome ; c'est à peine si l'on trouve encore quelques membres de cette famille sachant lire et écrire le copte. Il n'y a pas un demi-siècle que les aïeux des Coptes modernes possédaient encore une certaine instruction, que l'administration du pays

entretenait chez eux, parce qu'elle leur confiait les fonctions publiques d'écrivains et de traducteurs.

La plupart des voyageurs qui ont visité le lac Menzaleh signalent encore, dans cette partie du Delta, l'existence d'une variété d'hommes bien distincts des Arabes dont nous venons de parler, par leur belle stature, l'expression des traits plus accentués de leur visage et leur grande activité. Ce sont des tribus ichthyophages, qui vivent presque exclusivement de l'excellent poisson des lacs du bas Delta. On les croyait formées de Grecs venus, à différentes époques, des îles de l'Archipel, dans le but de faire la pêche, de surveiller la salaison et le commerce du poisson. Mais notre savant ami M. Mariette, qui s'est donné la mission de contrôler les documents historiques de l'Egypte par le témoignage des faits tirés du sein même de la terre pharaonique, vient de découvrir, dans des fouilles récentes entreprises aux environs de l'ancienne Tanis, quatre sphinx qui lui ont paru représenter fidèlement les types des habitants actuels de cette région nordest du Delta. « Les habitants de San , de Matarieh , de « Menzaleh et des autres villages environnants, dit M. Ma- « riette, ont un aspect tout différent de celui des fellahs, et, « dès le premier abord, dépaysent en quelque sorte l'obser- « vateur. Ils sont de haute taille, quoique trapus; leur dos « est toujours un peu voûté, et ce qui les fait remarquer, a avant tout, c'est la robuste constitution de leurs jambes. a Quant à la tête, elle accuse un type sémitique prononcé, « et ce n'est pas sans surprise que l'on y reconnaît les vi- « sages des quatre sphinx que Tanis vient de nous faire rea trouver au milieu de ses ruines (i). » Les traits qui carac-

(i) Revue archéologique, tome III, i86i,page 106.

térisent, suivant l'égyptologue français, la population de ce lac, se retrouveraient chez ces sphinx : « La tête des sphinx « de San, dit-il, est d'un art auquel je ne saurais véritable- « ment rien comparer. Les yeux sont petits, le nez est vite goureux et arqué en même temps que plat, les joues sont « grosses en même temps qu'osseuses, le menton est saillant k et la bouche se fait remarquer par la manière dont elle a s'abaisse aux extrémités. L'ensemble du visage se ressent « de la rudesse des traits qui le composent, et la crinière « touffue qui encadre la tête, dans laquelle celle-ci semble <t s'enfoncer, donne au monument un aspect plus remar- « quable encore. A voir ces figures étranges, on devine donc « qu'on a sous les yeux les produits d'un art qui n'est pas « purement égyptien, mais qui n'est pas non plus exclusivece ment étranger, et l'on en conclut déjà que les sphinx d'A- « varis pourraient bien offrir cet immense intérêt d'être du « temps des Higesos eux-mêmes (i). » II semble donc que ce soient là des débris des temps pharaoniques et qu'une troisième branche de descendants des anciens Égyptiens se soit conservée dans cette partie du Delta. M. Mariette est amené, par de savantes déductions, à les considérer comme des représentants des pasteurs. « Les sphinx de Tanis, contempo- « rains de Joseph, auraient-ils cet insigne honneur, se de- « mande cet égyptologue, de remonter jusqu'au fils de Jacob, « qui en aurait ordonné l'exécution? »

Les études ethnographiques, qui sont devenues plus sérieuses aujourd'hui, ne peuvent pas confirmer complètement les vues un peu hasardées de M. Mariette; mais elles réduisent

(i) Revue archéologique, tome III, page io5.

à peu près à néant l'opinion de ceux qui voudraient voir dans les populations qui vivent sur les bords des lacs égyptiens des descendants des conquérants grecs. Les visites que nous avons faites tout dernièrement dans les localités qui avoisinent le lac Menzaleh , depuis Damiette jusqu'à Matarieh et Port-Saïd, nous ont permis d'y constater, au milieu des races pharaonique et arabe, une variété d'hommes bien distincte, qui se reconnaît tout aussitôt par le développement de la face en largeur et en hauteur, comparativement au crâne. Ce qui les caractérise surtout, c'est leur nez arqué, qui est gros par le bout, comme le nez des Grecs qui habitent les îles de l'Archipel ; tandis que les narines et les ailes du nez ont des proportions moins exagérées. La bouche est le plus souvent dessinée par des lèvres grosses et épaisses qui laissent entrevoir des dents blanches dirigées verticalement ; le front, droit etélevé, concourt à former l'ouverture de l'angle facial, qui est généralement droit ou même quelquefois obtus. Les joues sont larges, par suite du développement osseux des pommettes et du maxillaire ; les yeux sont petits ; le menton est droit et avance légèrement; la barbe est noire et peu épaisse, ainsi que les cheveux, qui sont lisses. L'ensemble de la figure, dont les traits sont ainsi dessinés, forme un ovale peu régulier, ayant une grosse extrémité en haut et une petite, presque pointue, en bas, avec un renflement qui comprend les deux tiers supérieurs.

Le sommet de la tête de ces individus est arrondi comme par une abrasion de la saillie des bosses pariétales et occipitales; leur taille est plutôt grande que petite ; ils ont de larges épaules; leurs articles sont épais et leurs extrémités grosses. Mais, pas plus que les autres habitants de l'Egypte, ils n'ont

de fort embonpoint; leurs formes osseuses et musculaires se dessinent nettement sur tout leur corps.

Doués d'une grande activité, ces individus se livrent à la pêche, à la salaison et à la vente du poisson, qui fait presque toute leur ressource. Ils sont sobres, laborieux, et assez habiles dans leurs travaux manuels.

Cette fraction des populations du Delta du Nil ne saurait être confondue avec les peuples égyptiens et coptes , fait qu'un voyageur anglais, M. Beke, a d'ailleurs déjà constaté, il

y a vingt-cinq ans, en parcourant cette région nord-est de l'Egypte. Nous disons ensuite, malgré quelques analogies signalées ci-dessus , que les habitants des bords du lac Menzaleh ne sont pas davantage des Grecs, qui ont toujours été des étrangers en Egypte et traités comme tels par le climat de ce pays. Sont-ce des débris oubliés des Hygcsos , comme le pense M. Mariette?

Malgré les sérieuses considérations dans lesquelles est entré M. Mariette, il est bien difficile, pour un esprit observateur, de concilier ce que les historiens semblent démêler dans les documents anciens, avec ce qu'on peut constater dans l'Egypte moderne. Les pasteurs étaient des étrangers en Egypte, et les recherches les plus minutieuses ne nous permettent pas de trouver dans ce pays une famille étrangère qui y ait prospéré et qui s'y soit propagée dans une suite de plusieurs générations. Si une colonie étrangère ne s'épuise pas en Egypte, c'est qu'elle est renforcée par des immigrations successives, quelle que soit d'ailleurs l'origine du peuple dont il s'agisse ; et les pasteurs, qu'ils aient été des Sémites ou non, ne nous paraissent pas plus avoir échappé à cette loi que les modernes Grecs ou Turcs.

Après avoir vécu en Orient, nous ne pouvons plus partager, avec M. Mùhry et M. Boudin, l'opinion que ces deux médecins géographes émettent sur le cosmopolitisme des Juifs. De ce que les Israélites se rencontrent sous toutes les latitudes et sur tous les points du globe, cela ne veut pas dire forcément qu'ils se propagent et se perpétuent partout. Quoique cette famille humaine se soit fixée en Egypte à l'époque des anciens Pharaons, et que probablement elle ne l'ait plus quittée complètement depuis lors, on ne trouve" cependant pas aujourd'hui , parmi les Israélites de notre colonie, une seule famille ancienne, remontant même seulement à la cinquième génération. Mais ne savons-nous pas que le peuple hébreu a toujours été migrateur depuis les temps bibliques ? S'il en existe des représentants dans les diverses stations du globe, c'est, suivant nous, qu'il s'y est maintenu par ses migrations constantes. A ces conditions, il faut en convenir, toutes les variétés de la grande famille humaine pourraient devenir cosmopolites.

Ce que nous venons de dire, par rapport aux colonies des Grecs et des Israélites, nous allons le confirmer par des faits relatifs aux Turcs et à ces races guerrières des pays du Caucase, Géorgiens, Mingréliens, etc., qui, sous le nom de Mamelouks, ont désolé la terre d'Egypte pendant plusieurs siècles. Ce serait cependant une grave erreur que de croire, à cause de cela, que ces peuplades se soient acclimatées et propagées dans ce pays, comme les Égyptiens. L'histoire nous prouve, au contraire , qu'elles ne s'y sont maintenues que par des immigrations continuelles : « En les voyant subsister, dit « \ olney, en ce pays, depuis plusieurs siècles, on croirait « qu'ils s'y sont reproduits par la voie ordinaire de la gé-

« nération ; mais, si leur premier établissement fut un fait « singulier, leur perpétuation en est un autre qui n'est pas « moins bizarre. Depuis cinq cent cinquante ans qu'il y a « des Mamelouks en Egypte, pas un seul n'a donné lignée « subsistante; il n'en existe pas une famille à la seconde gé- « nération : tous leurs enfants périssent dans le premier ou « le second âge (i). » Ces faits, ainsi que ceux que nous venons de rappeler, ne s'accordent guère avec les vues un peu hasardées des auteurs que nous avons cités précédemment; et, s'il est hors de doute que les familles israélites des temps modernes, ainsi que celles des époques reculées, n'ont pu s'acclimater en Egypte, il est impossible d'admettre que les voisins du lac Menzaleh soient des descendants des îlygcsos; si ensuite il est évident, pour tout le monde comme pour nous-même, que la famille japétique ne s'y maintient j>as davantage; que la race éthiopienne dégénère encore plus rapidement dans la partie septentrionale de la vallée du Nil, non-seulement nous sommes bien autorisé à rejeter toute idée de cosmopolitisme, quant à l'Egypte du moins, mais aussi nous arrivons à cette autre et si importante conclusion, que le peuple primitif et vraiment indigène de l'Egypte doit descendre de la famille de Cham (2).

Est-ce bien en Egypte, dans ce pays si inhospitalier poulies étrangers, pour l'homme blanc qui y vient du Nord, comme pour le noir qui y arrive du Sud, dans ce pays si meurtrier pour ses propres enfants; est-ce bien dans ce pays

(1) Volney, Voyage en Egypte et en Syrie, tome 1er, page 98.

(2) Les plus grands égyptologues modernes admettent, avec le chevalier Bunsen, que la souche chamitique, originaire de l'Asie, a passé par le pays de Chanaan pour se porter et se fixer en Egypte.

que nos confrères, qui craindraient d'être taxés d'imprudents, peuvent envoyer des malades ou des valétudinaires? Cependant nous ne voulons pas encore nous prononcer d'une manière absolue sur cette question. Ce n'est qu'après avoir comparé, avec des faits se rapportant à d'autres localités, les données que nous venons d'enregistrer sur le compte de l'Egypte, que nous nous réservons de nous prononcer sur la valeur des pays du Nil, comme stations hibernales.

Page 1