‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 6 sur 77 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Météorologie de l'Egypte.

Si nous venons de voir, par ce qui précède , que la constitution du sol est uniforme, dans toute la vallée de l'Egypte, il n'en est plus de même , quant aux conditions météorologiques ; en effet, il n'en saurait être ainsi dans une étendue de pays qui comprend, du nord au sud, plus de 70 de latitude, qui se compose d'une zone maritime nord, avec Alexandrie et les autres ports de la Méditerranée, d'une partie moyenne, avec le Caire, et enfin de tout le parcours du Nil supérieur que nous avons appelé la haute Egypte, et dont le centre peut être placé dans l'ancienne Thébaïde.

Les observations météorologiques que nous possédons aujourd'hui sur ces trois parties distinctes de l'Egypte sont encore assez bornées ; elles offrent en outre cette particularité, qu'il importe de noter, d'avoir été recueillies à des époques éloignées les unes des autres, par des observateurs divers, dans des conditions différentes et avec des instruments dissemblables souvent incomparables; il est vrai cependant qu'elles ont un point de contact qu'on ne saurait méconnaître , c'est qu'elles ont été prises dans des localités connues et déterminées. Si elles ne donnent donc pas des résultats absolument identiques et comparables entre eux, elles fournissent du moins des faits probants qui aujourd'hui sont encore épars, mais qui, réunis et coordonnés, peuvent cependant être utilisés par le climatologiste et, peut-être aussi, par le médecin.

§ Ier. Station septentrionale de L'Egypte.

ALEXANDRIE

Les côtes méditerranéennes de l'Egypte, depuis Aboukir jusqu'à l'est de Péluse, qui s'étendent presque directement de l'ouest à l'est, avec une saillie que la pointe de Rosette fait dans la mer, et que l'on connaît sous le nom de cap de Burlos, comptent plusieurs localités placées à peu près identiquement sur la mer ; mais il ne saurait être question, quant à présent, d'une autre station que de celle d'Alexandrie. En effet, Rosette, Damiette, Péluse et Port-Saïd, que la compagnie du canal de l'isthme de Suez construit , en ce moment, ne peuvent offrir un séjour assez convenable à des malades. Ces villes ne renferment plus aujourd'hui qu'une population arabe mélangée de Grecs devenus presque indigènes euxmêmes; et, tout en exerçant l'hospitalité comme ils le peuvent, ces pauvres gens n'attireront jamais chez eux que des malheureux comme eux.

Il existe quelques observations thermométriques et barométriques recueillies à Port-Saïd, par les médecins de la compagnie, et publiées dans le journal l'Isthme de Suez ; nous les rapprocherons de celles que nous avons faites à Alexandrie, de même que nous rappellerons toutes celles qui sont antérieures aux nôtres, et que nous trouverons dans les documents relatifs à cette dernière station.

A. De la température de l'air.

En cherchant dans les recueils que les savants et les voyageurs nous ont laissés sur les phénomènes météorologiques du principal port de mer de l'Egypte, nous avons trouvé, dans les relations de l'expédition française, un seul mois d'observations : encore celles-ci n'ont-elles pas été prises d'une manière régulière. Plus près de nous M. F. de Lesseps, remplissant les fonctions de consul, n'a pas dédaigné de noter, pendant son séjour à Alexandrie, les hauteurs du thermomètre, et cela, pendant huit mois, sans interruption, du ier novembre 1 834 jusqu'en juin i835. Un anonyme anglais nous a transmis ses observations thermométriques, faites pendant l'année 1842, et consignées dans Miscellanea œgyptiaca. Celles de Russegger sont encore plus restreintes, ainsi que celles de M. Léo. qui n'a passé que quelques mois au centre du Delta ; ses observations s'étendent du 1 1 janvier au 9 mars. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire celles que notre collègue de l'Institut égyptien, M. H. Thurburn, a recueillies, pendant plusieurs années, à une faible distance de la ville d'Alexandrie et près du lac Mareotis ; nous le déplorons d'autant plus que ces observations paraissent être perdues pour la science, à l'exception de celles d'un petit nombre de mois que M. le docteur Abbate a publiées dans un journal de médecine, il y a quelques années. M. Clot-Bey, de son côté, donne également des moyennes de la température du Delta, dans son « Aperçu sur l'Egypte. » Enfin les observations faites à Port-Saïd, du Ier juin i85o, au 3i mai 1860, ont été publiées dans le journal l'Isthme de Suez.

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I. OhBervalions thermomelrlques faites à Alexandrie, pendant les nnnéea ISS«-a«-SO-ei.

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