OBSERVATION III
Heyfeluer. ^~ Ammoti's Zeitschrift f. opht.,l. I, p. 480, 1831. Fente congénitale de la lèvre supérieure, de la paupière supérieure et de la peau du sourcil, et colobome de l'iris.
Le hasard vient de me mettre à même de donner à Ammon une réponse à la question que posait récemment le Zeitschrift f. opiit., si l'on peut rencontrer simultanément un colobome de l'iris avec des colobomes palpébraux.
L'enfant que j'ai examiné était âgé de trois mois; c'est le fils d'un Anglais émigré à Bruxelles. Sa mère, au troisième mois de sa grossesse, eut une grande frayeur et tomba en syncope à lu vue d'un blessé qui avait reçu un coup de sabre lésant le front, la joue et l'œil. A la fin du huitième mois, elle accoucha d'un enfant délicat qui présentait les anomalies suivantes :
1° Bec-de-lièvre de la lèvre supérieure gauche. Pas d'anomalie du voile du palais, mais, sous la fente de la lèvre, il y a, dans l'apophyse alvéolaire du maxillaire supérieur, une fente ;
2° A l'œil gauche, une fente comprenant la moitié inférieure de la paupière supérieure, avec des bords on bourrelets et non adhérents ; de sorte que les mouvements du globe oculaire sont tous possibles ;
3" Dans l'œil gauche, un colobome de l'iris; les bords delà fente irienne ne sont pas dirigés verticalement, mais convergent Tun vers l'autre, comme cela a lieu d'ordinaire dans le colobome, et sont inclinés vers l'angle interne de l'œjl.
Le bord pupillaire supérieur était situé plus profondément que dans l'autre œil, et un peu moins arrondi. Quoique la vue m'ait paru égale dans les deux yeux, j'ai cependant remarqué que la pupille de l'œil gauche réagissait moins à la lumière que la pupille droite.
Les parents affirmaient qu'aucune anomalie semblable no
s'était rencontrée chez les membres de leur famille. Un médecin français remarquait dernièrement qu'on pouvait rencontrer une absence du nerf olfactif coïncidant avec une gueule-de-loup ; je me suis demandé si, dans un cas comme le mien, on ne trouverait pas une absence du nerf optique et des nerfs sus-orbitaires; mais Ammon a examiné tout récemment deux yeux atteints de colobome de l'iris, et n'a rien remarqué de spécial dans les nerfs optiques. Du reste, chacun sait que les malades atteint de colobome de l'iris ont une bonne vision.
OB-SERVATION IV
Von Ammon (I.) - Ammon s Zeilschrifl f., Opht., t. V, p. 83, 1837. Colobome congénital de la paupière supérieure.
Z... de D..., âgé de vingt ans, est porteur à l'œil gauche d'un colobome de la paupière supérieure, qui se présente sous la forme d'une encoche de quelques lignes de hauteur et d'autant de largeur. Au niveau de cette encoche, il n'y a pas de cils. Lorsqu'on soulève la paupière, on voit sur la muqueuse conjonctivale une fente, dirigée en haut, qui sépare en doux parties le cartilage tarse. Le malade peut ouvrir l'œil à gauche de la fente, mais pas aussi bien qu'à droite. Cette anomalie est congénitale. L'œil gauche voit moins bien que le droit; il est atteint d'un léger raicrophtalmos; il présente de plus un aplatissement de la cornée qui a une forme ovoïde, ainsi qu'un croissant d'un blanc bleuâtre au niveau d'un point d'attache de la sclérotique ; l'iris est brun.
Un fait remarquable est l'absence du second métatarsien de chaque pied ; il s'ensuit que l'orteil correspondunt est en extension forcée et situé sur un plan supérieur aux autres.
Ainsi donc, nous pouvons déduire de notre observation les remarques suivantes :
1° Le colobome congénital de la paupière peut se présenter simultanément avec une fente du cartilage tarse ;
2" Cette anomalie congénitale n'est pas due à un arrêt de développement, c'est im défaut d'organisation.
3* Le tarse peut être scindé en deux, mais il ne manque pas ;
4" Cette anomalie est rarement isolée, et il est fréquent de trouver en même temps un ou plusieurs autres défauts de conformation.
II. — Klinisch Darstellungen der Kranhheit und liilclungsf dex
Mensch Auges, t. II, p. 4, 1841.
Von Ammon donne trois cas de colobome simple, un de la paupière supérieure, deux de la paupière inférieure. — Aucune complication signalée.
III. — Walther und Ainmon.i Journal der Chir. und Augenheilkunde, t. LXXXI, p. 96, 18'i3. Colobome congénital de la paupière supérieure.
Von Ammon rapporte un cas de tumeur congénitale de la sclércjtique compliquée de colobome de la paupière supérieure ; celle-ci était fendue jusqu'au bord orbitaire, de telle sorte que la fente palpébrale formait un triangle bordé de cils. Cette observation complète la série de coloboraes delà paupière supérieure, représentée, pl. II, troisième partie des Klinische Darstellungen de Ammon, qui considère ce vice de conformation comme le résultat d'un arrêt de développement. A l'appui de son opinion, l'auteur donne la figure et le grossissement à la loupe des yeux d'un fœtus de trois mois chez lequel la paupière supérieure fendue forme un triangle par sa réunion avec l'inférieure.
Annales d'oculistique, 3« supplément, p. 26, 1842.