‹ Du Coma et de la Ponction LombaireChapitre 15 sur 21 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Due à l'obligeance de M. le professeur Carrieu.) À j

Coma urémique chez un saturnin. — Ponction lombaire. — Guérison.

L. R..., peintre, 43 ans, entre le 7 février 1912, salle Combal, n° 21, pour asthénie, céphalée, albuminurie.

Début il y a 16 ans par une première crise de coliques, puis deux ans de rémission suivis de 4 crises survenues en 3 mois. Depuis, le malade a eu encore à 7 ou 8 reprises diflérentes sa crise de coliques variablement espacées. Dans loutes ces crises, le malade présentait. une douleur abdominale vive, mais tolérible, constipalion opimiâlre, vomissements. Sa douleur était généralement calmée en 7 ou 8 jours et le malade reprenait son travail après une quinzaine.

IH ya? ans el demi, première entrée à l'hôpital pour coliques accompagnées de lroubles nerveux : Les douleurs présentent leur caractère habituel, constipalion, quelques vomissements. Mais le malade présentail surtout des absences fréquentes, avait des pertes de connaissance passagères, rires el pleurs sans cause. Le malade ne comprenail pas ce qu'on lui disait: parole impossible. Il craignait de se découvrir, de se lever, s'agilait, Accusail une

douleur dans les doigts, mais ne présentait ni paralysie, ni contrac- Lure, ni convulsions. SAQUE de 15 jours à l'hôpital, guérison en 1 mois et demi. Le | |

En fin septembre T9IT, dues banales, sans troubles nerveux, guéries en 10 Jours.

Vers le milieu de novembre, malaises vagues, abattement, dou-

leurs généralisées, surtoul céphalée.

Le 15 novembre malin, le malade voulant passer son pantalon pousse deux ou trois cris puis perd brusquement connaissance, la face est pâle, les yeux convulsivement fixés en l'air. Convulsions des membres supérieurs, dents serrées, pas de morsure de la langue, écume blanche aux lèvres. Respiration oppressée et bruyante. Rien aux membres inférieurs. Pas de troubles sphinctlériens, peut-être des vomissements au réveil ? Après 40 minutes de cel état, le malade entre dans le coma el reste pendant trois jours dans un élat de prosilralion absolue avec perte complèle de connaissance, intervalle de calme et de délire. Constipalion absolue.

Calaplasmes Sinapisés sur Îles reins, puis 4 sangsues au même “endroil.

6 gr. d'albumine dans les urines.

En rois jours l’état s'améliore, le malade reprend ses sens, l’albumine passe à l'élat de traces. Après 15 jours de lit, l'asthénie, la céphalée ayant rélrocédé en partie, le malade se lève. Il présente encore une céphalée légère. Faiblesse des membres inférieurs, abaltement, vertiges fréquents. Cel élat persiste jusqu'au 31 janvier.

Le 31 janvier, le malade à un frisson el doit se mettre au lit, souffrant ds vives douleurs lombaires el de céphalée intense; les yeux sont fermés, élal de somnolence continu ; affaiblissement marqué du psychisme; la face est bouflie et pâle

Le 1® février, tout le côlé droit du corps est. douloureux, parésie marquée de ce côlé, pas de convulsions ni de délire, mais abattement, prostralion, somnolence qui durent une huilaine en diminuant légéeréement les deux derniers jours. Constipalion qui cède à un lavement quotidien.

9 février 1912. — Ponclion lombaire, liquide hypertendu, coule en jet, xanthochromique, centrifugé reste coloré.

Don — 69 — | 10 mars 1912. Le malade se plaint de Verbe deux ou trois

fois par jour, même dans la position allongée; cela depuis pi 0 ou huit jours.

À parlir de ce moment, l'élal va en s'améliorant progressivement el le malade sort rétabli. ton mois environ après son entrée,

OBSERVATION Il (Professeur Carrieu. — Revue de médecine, octobre 1911.)

Urémie délirante, agitation coupée de périodes de coma améliorée par la ponction lombaires

Mag... Marie, 38 ans, entre le 12 octobre 1910 dans le service du Pr Carrieu, lit n° 16, salle Bichat.

La malade est amenée dans un état délirant complets à coupé de périodes de coma absolu. Il y aurail quatre jours qu'elle serait ainsi, mais il est impossible d'avoir des rènseignements autres que celui d’une albuminurie intense durant depuis quatre ans.

Les troubles actuels auraient apparu brusquement 1l y a quatre jours, et depuis le début l’état serait stationnaire.

Le 12 octobre, au moment où la malade est examinée, elle est dans une prostralion lotale, ne pouvant répondre aux questions posées. Par moments elle se débat, pousse des cris, prononce même avec volubilité des phrases sans suile, puis retombe dans sa torpeur. Les membres sont contraclurés, insensibles, pas de déviation de la face el des yeux, pupilles très dilalées ne réagissant pas à la lumière. Incontinence sphinctériénne, particulièrement pour les matières fécales, car elle mouille à peine son lit, mais fournit par le cathétérisme 500 ce. d'urine contenant de lalbumine.

Langue saburrale, desséchée en son milieu, estomac dilaté. Pouls tendu mais assez rapide : 99 P. OEdème pulmonaire aux bases, Lempérature 36°2. OEdème de la face et des malléoles. On applique des

:— 70 — 6 S ventousés au triangle de Jean-Louis Petit. Lavement purgatif. Bain à 35° d’une durée de demi-heure. Le soir, très forte excitalion ; on a de la peine à maintenir la malade sur sonlit, elle pousse des cris perçants et parle Sans discénLinuer . Coprolalie. Violents mouvements convulsifs, pas de paralysie. 4

On fait une ponction lombaire ; on relire 16 ec. d'un liquide clair très hyperlendu, écoulement en jet. Albumine Her 0,44. DIS 1,20 par litre.

Demi-heure après la bon: lexcilalion a totalement disparu ; la malade repose calme dans le lit, mais linlerrogatoire reste sans réponse. ca

13 octobre. — La nuit a élé bonne sans agitalion; le lendemain malin pas d'œdème, pas de mouvements convulsifs. La malade peut répondre doucement, mais linterrogatoire la fatigue rapidement. Température 36°8, pouls à 80 un peu relevé et toujours tendu, pas de céphalée. La malade urine abondamment sous elle.

14 oclobre. — Dans la nuit, délire léger qui devient intense vers Lrois heures du matin, loquacité persistante, ininterrompue, formée d'associations d'idées bizarres el assez embrouillées. Mouvements convulsifs ; pupilles contractées. Mauvais état général.

Au matin on fait une seconde ponction lombaire.

Urée 2,46 par 1.000. z

Une heure après, amélioralion, mais moins nelle qu'après la première ponclion; la malade est calme, mais continue à parler.

15 octobre. — Agilalion à son acmé. Cris méningiliques. Anurie complète. On pratique une saignée de 400 gr. ; le sang éprouve une ‘ certaine difficulté à s'écouler. Dans la soirée, la malade retombe dans le coma ; pouls pelit et misérable: 104. Refroidissement des extrémilés. (Natose de la face, encombrement, pulmonaire, respiralion à rythme de Cheyne-Slokes, Membres non paralysés, mis en imminence de contraclure. |

La malade est emportée par sa famille dans un élat désespéré. Nous donnons dans deux lableaux le résullal fourni par FPexamen des urines el celui des ponctions lombaires.

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