OBSERVATION IV
(Due à l'obligeance de notre ami M. Milhaud, interne à Ehôpial. Ruffi, à Nimes. ) é /
Fracture du crâne. — Coma. — Sédation grâce à ja ponction lombaire.
Le 24 février 1912, ‘à 4 heures du soir, on amène à l'hôpital Ruffi un touriste, B... Lucien, âgé d’une soixantaine d' années, qui, én visilant les Arè ènes, a fait une chute sur la (êle d'une hauteur de 5 mètres. |
À première vue, nous nous {rouvons en présence d'une plaie du cuir chevelu, siluée dans la région occipilale et de. 12 centimètres de longueur; nous explorons celte‘ plaie el nous notons un simple! décollement du euir chevulu sans la moindre fêlure ni le moindre enfoncement de la voûle du crâne: nous nous conlentons de suturer aux crins de Florence loul en effectuant un drainage sérieux.
De plus, le malade nous offre tous les symplômes d’une très forte commotion cérébrale; il ne parle pas, ne répond pas aux AUECURES qu'on lui pose. Les Pupuies restent dilatées, insensibles
à Ja lumière. -
On ne peut recueillir aucun renseignement sur son élal ervil.
Le pouls est ralenti et dépressible quoique assez régulier.
Le malade entre alors à la salle Bouet, lit n°7, à 9 heures du
#72 ES 74 El Fr
soir, D heures par conséquent après l'accident, Nous l'examinons à nouveau el'nous notons des symptômes de fracture de la base. Il a une ecchymose sous-conjonctivale de la paupière gauche el l'orbiculaire des paupières du côté gauche est paralysé; le facial est donc intéressé el nous pensons à une fracture au niveau du rocher. La respiration est irrégulière; la dyspnée est assez accentuée, el nous notons le rythme de Cha ne-Stokes.
Nous faisons alors une ponclion lombaire classique el nous relirons 15 centimètres cubes de liquide; ce liquide est entièrement rouge-vif, indiquant l’hémorragie sous-arachnoïdienne. Quelques minutes après, la respiralion a l'air d'être plus régulière et moins rapide.
Le lendemain malin, nous fimes une nouvelle ponclion ; nous relirâmes encore la même quantité de liquide qui, comme la veille, était encore hémorragique. Une demi-heure environ après la ponction, le malade sort nettement du coma el s'intéresse à ce qui se passe aulour de lui; il demande où il'se lrouve et nous donne mème des renseignements exacts sur sa famille, ce qui nous permet d’ailleurs de prévenir ses enfants.
Celle lucidité dure une heure environ; il retombe ensuite dans le coma et mourut le surlendemain après une nouvelle ponction lombaire qui, comme les précédentes, nous donne du liquide contenant du sang, mais en moindre quantité.
mn