‹ Du Coma et de la Ponction LombaireChapitre 8 sur 21 · DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN NORMAL · texte numérisé non relu

DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN NORMAL

Cette élude du liquide céphalo-rachidien normal doit êlre, comme nous J'avons annoncé, rapide. Cependant, pour en mieux suivre dans le chapitre suivant les varia-. tions pathologiques, nous devrons, sans nous lancer dans de grands développements, étudier ici tout ce qui permettra de bien comprendre ces variations. Nous indiquerons donc, d'abord l4 formation et la circulation du. hquide -cérébro-spinal, puis nous examineronS ses propriétés physiques, chimiques et physiologiques, montrant ainsi quelles sont ses fonctions et combien intime est son rapport avec le névraxe.

$ 1. — Origine du liquide céphalo-rachidien |

Ce liquide est élaboré par les plexus choroïdes. Quel sens convient-il de donner à ce mot: «élaboré » ? nous l’indiquerons plus loin. Pour le moment il nous semble ‘utile d'indiquer la disposition de ces plexus et des cavités où s'accumule le liquide céphalo-rachidien dès son élaboration.

Macroscopiquement, les plexus choroïdes (1) sont des cordons rougeàâtres occupant les deux porlions sphénoïdale et'frontale des ventricules latéraux. Partis de l'extrémité antérieure de la fente cérébrale, ils suivent d'avant en arrière la face supérieure de la corne d'Am-

(1) Testul. — Sysième nerveux, ir Anat. descripl.

ne LANTA 25 — SEAL Re

mon; puis, contournant la partie postérieure de la cou-

che oplique, ils longent les bords latéraux du trigone __ jusqu'au trou de Monro. On voit donc que, dans l’ensemble, les plexus choroïdes ont la forme d'un U dont la partie moyenne embrasse dans sa concavilé la couche optique. Ils ne sont point situés dans les ventricules latéraux ; ils cheminent en dehors d! eux, séparés seulement par l'épendyme.

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- Histologiquemen t, les plexus choroïdes sont constitués

par des artérioles, des veinules et des lacis capillaires: pelotonnés sur eux-mêmes, plongés dans un stroma

composé d'une substance homogène contenant quelques fibres de tissu conjonelif.

Ainsi conslitués, stroma conjonetif et élastique finement vascularisé, recouvert d' un épithélium différencié

| l’épendyme, les plexus choroïdes sont de véritables glandes, et l’on a ainsi la preuve histologique de l'éla- - boration du liquide céphalo-rachidien à leur niveau; tandis que les vaisseaux de la cavilé sous-arachnoïdienne n'interviennent cn rien dans sa formalion. D'ailleurs, la clinique en fournit des preuves. Dans les cas, en effet, d'hydrocéphalie consécutive à une méningite inflammatoire, par suite de l'oblitération des orifices faisant communiquer les: ventricules cérébraux avec la cavité sous-arachnoïdienne, tandis que celle-ci contient la quantité normale de liquide céphalo-rachidien ou une quantité moindre, ceux-là sont énormément distendus par une quantité exagérée de liquide ventriculaire.

Par l'expérimentation aussi on s'est rendu compte de l'action des plexus choroïdes : leur trrilation mécanique, par exemple, entraine une hyperproduclion de

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N S — 26 — liquide cérébro-spinal (1). De même certaines substances telles que l'éther, la muscarine, la pilocarpine, dont l’action sur les glandes est connue, agissent sur les cellules épithéliales choroïdes en augmentant l’écoulement du liquide céphalo-rachidien (2). Les expériences de Ducrot et Gautrelet (3) sont intéressantes aussi : ‘après la formation d’un ictère expérimental chez un chien, soit en liant le cholédoque, soit en injectant, dans la veine fémorale, de la bile de bœuf, on ne trouve pas de pigments biliaires dans le liquide céphalorachidien. Mais si on supprime l’action des plexus choroïdes en injectant, dans la carotide interne, du même chien en expérience, 3 cc. d’une solution de violet de méthyle, qui se fixe sur les plexus, la réaction de Gmelin, avec le liquide céphalo-rachidien, est positive. | On voit donc bien quel estie rôle exclusif des plexus choroïdes sur la formation du liquide cérébro-spinal. Mais on voit de plus que ce rôle ne se borne pas seulement à une simple transsudation du sérum sanguin, puisque tous les éléments que celui-ci peut contenir ne passent dans le liquide céphalo-rachidien qu'après la suppression physiologique de la barrière choroïdienne. L'élaboration du liquide est-elle donc une véritable sécrélion? C'est là une opinion déjà ancienne. Dès 1854, Faivre affirme que les plexus choroïdiens ont un rapport intime avec la sécrétion du liquide céphalorachidien. Successivement Luschka en 1855, Kings-

(1) Cathelin. — Cité in thèse d'Anglada.

(2) Walther Meeck. —- Cité in thèse d'Anglada.

(3) Ducrot et Gautrelet. -- Le liquide céphalo-rachidien dans l'ictère expérimental (Réun. biol. de Bordeaux, 17 janvier 1905).

à 07 dd.

bare en 1807. = Bindlas à Galeoiti la même ANRÈe Stu-.

dincka en 1900, plus récemment, en 1912 Pelitet Girard,

el enfin, Moblade dans sa thèse, en 1909, adoptent

celle, idée que les cellules épithéliales qui revêtent les plexus seraient chargées de la sécrétion du liquide céphalo-rachidien. Ce n’est point A une idée absolu-

ment exacte, et Mestrezat, dans sa thèse (1), admet que:

le hiquide céphalo- rachidien n'est pi un transsudat, ni une sécrétion, mais plutot un produit de filtration élec- | tive, produit de la dialyse du plasma sanguin sur un épithélium différencié. À l'appui de cette assertion, Mestrezat apporte trois ordres d' arguments :

a) Tous les éléments constituants du Hquide céphalorachidien préexislent bien dans le plasma sanguin, mais à un taux égal ou supérieur : tel, en effet, le glucose, l’albumine, le chlorure de sodium.

b} Un nombre important de consliluants du plasma sanguin ne se retrouve pas dans le liquide céphalo-rachidien: fibrinogène, graisses neutres, glycogène, diasta-

ses, alexine.

c) Le liquide céphalo- rachidien est semblable à d'autres liquides de l'organisme représentant des produits de dialyse du plasma sanguin.sur un épithélium différencié. Ce sont les milieux neuro-prolecteurs, tels que les milieux de l'œil et de l'oreille interne.

Ainsi élaboré, par fillration élective, le liquide c lo rachidien s’accumule dans les ventricules cérébraux et dans le sac sous-arachnoïdien qui ne forment qu'un seul et même réservoir. En effet, les ventricules cérébraux communiquent entre eux par le trou de Monro et se con-

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