PREFACE. XXV
ptaieiit dans leur sein des hommes qui, comme Rabirius, prêtaient aux rois et aux nations des sommes énormes (i); elles engageaient, dans les affaires des provinces, le patrimoine de familles opulentes , dont le crédit , lié au crédit de l'état, rendaitRome solidaire des intérêts provinciaux (2). Les plus importantes étaient celles qui affermaient les dixmes (3). Leurs rapports directs avec les agriculteurs, rapports si irritants, si féconds en mécontentements,les faisaient en quelque sorte participer au côté le plus délicat de l'administration (4). Toutes, au surplus, avaient beaucoup d'autorité et de richesse. Les monuments contemporains signalent la compagnie de Bythinie (5), l'une des plus respectables par le caractère de ceux qui la composaient ; la compagnie de Sicile pour les douanes et les pâturages (6), dont les complaisances pour Verres donnent lieu à j)lus d'un soupçon; la compagnie de Cilicie, qui prêta plus d'une fois ses messagers à Atticus pour porter à Cicéron, fatigué des ennuis de son gouvernement , les nouvelles de Rome et les consolations de son ami (7) ; la compa-
(1) Cicer., pro Rabirio Posthumo, c. 2.
(2) Cicer., pro lege Manilid, c. 6 et 7.
(3) Cicer., II in Verrcm, 71.
(4) Sur ces rapports, Burmann, c. 9, p. 139.
(5) Cicer., Ad familiares, XIII,epist. 9, ad Crassipedem.
(6) Cicer., II in Fereni, 70.
(7) Tu autem sœpè dare tabellariis publicanorum poteris, per magistros scripturae et portus nostrorum diocesium. {Ad Attic, 5, 15.)
C'est-à-dire : « Vous pourrez faire remettre vos lettres aux messagers « des publicains par les magisters des sociétés de mon gouvernement. » Les traductions de l'abbé Mongault et de M. de Golbery ne rendent pas exactement ce texte.