‹ Du contrat de sociétéChapitre 23 sur 165 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

daiisi'état qu'avec le concours des publicahis (i) ; ils étaient un appui nécessaire dans les élections (2) et surtout dans les jugements , où ils figuraient partie comme juges (3) , partie comme patrons et solliciteurs. Voyez, par exemple, combien Cicéron est attentif à tirer parti de l'assistance delà société des publicains, pour Plancius, son client, accusé de brigue (4-) î î voyez combien il se glorifie lui-même des démarches que ces sociétés avaient faites pour son propre salut, dans le temps de ses malheurs [5)11 ,V oyez comme toujours il les ménage et les caresse : (c Ne faites rien , écrit-il à Lentulus , qui puisse « blesser les intérêts ou la volonté de cet ordre ; «c sachez vous le concilier et vous le rendre favoa rable (6). j) — « Je suis au mieux avec les ferce miers de la république, dit-il dans une lettre à a Atticus. Publicanis in oculis sumus (7). » Et à

ceux-ci, par une révolution démocratique, enlevèrent les jugements au sénat et les firent passer aux chevaliers.

Cicéron a fait du reste en cent endroits de ses ouvrages l'éloge des publicains et des chevaliers. {Pro lege Manilia , n" 7. Ad. Quint, fratresn., lib. 1, epist. 1. Pro Plancio, n° 9, etc. etc.)

(1) Qui ordo (publicanorum) quanto adjumento sit in honore, quis nescit? Flos enim cquitum romanorum, ornamentuni civitatis, firmamentum reipublicse publicanorum ordine continentur. (Cicer. , Pro Plancio, n° 9.)

(3) Cicer , ProMurena, c. 33, Pro Plancio, n^d. ; (2) Cicer., Pro Murena, c 33.

(4) Pro l'iancio, n°* 9 et 12. Le père de Plancius avait été adjudicataire des fermes et maître de plusieurs sociétés (9 et 13). Ses anciens amis déployèrent beaucoup de zèle pour la cause de son fils. Studio sociorum (n° 12).

(5) Pro Sexto , 14. a Nalla Romae societas vectigalium , quge non " honorificentissime decrevisset de meo salute. »

(6) Ad familiares, lib. 1, epist. 9.

(7) Lib. 6, epist. 2.

PREFACE. XXXni

Silius, propréteur : « J'ai les plus grandes liaisons a avec la société des publicains ; non-seulement « elle est sous ma protection, mais la plupart des a associés sont mes plus intimes amis (i). » Aussiy dans une circonstance oii la compagnie d'Asie demandait d'être déchargée d'un bau onéreux, Cicéron aurait-il voulu que la république fît un sacrifice plutôt que de s'aliéner un ordre, dont l'union avec le sénat lui paraissait indispensable pour balancer la prépondéi-ance de l'élément démocratique (2). C'était aussi l'avis de César , non par adhésion à cette politique de pondération qui fut si fataie au grand orateur, mais par haine pour le sénat, mais par faveur pour l'ordre équestre envié par l'ordre sénatorial, mais par le calcul intéressé d'un chef de parti. Réciproquement, le sénat était mal disposé pour la demande de la compagnie , et l'un des principaux chefs du parti aristocratique, l'inflexible Caton, n'était pas homme à se prêter à des ménagements. Le contrat passé par la compagnie était formel : il constituait un engagement sur lequel les lois de l'état ne 2Dermettaient pas de réduction (3). Caton fit valoir avec véhémence ce qu'il avait de sacré ; il défendit les droits du trésor qu'on voulait frustrer. 11 l'emporta , après une longue discussion, devant le sénat, entraîné vers la rigueur du droit par ses préventions naturelles

(1) Ad faintliares, lib. 13, epist. 65.

(2) Ad AiUcum,\\h. l,episi. 17.

lib. 2, epist. 1.

(3) Cicer,, III in Verrem^ 25.

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