XXXIV PREFACE
contre les chevaliers (i). Mais César était consul, et César était déjà au-dessus des lois. 11 osa faire arrêter Gaton en pleine assemblée par les licteurs (2), et il accorda à la compagnie d'Asie la remise du tiers de son fermage (3).
Telles furent ces sociétés de publicains, dont on se disputait l'amitié par des coups d'état. Il est difficile de trouver ailleurs un esprit d'association plus vital et plus largement organisé; c'est par elles que les chevaliers furent, non pas seulement un ordre politique, mais encore une vaste compagnie de finances , qui retenait dans son sein jaloux le maniement de l'impôt , était dépositaire exclusive du crédit de l'état, et servait de canal au principal élément de la richesse publique (4).
Sous les empereurs, ces sociétés perdirent leur plus beau fleuron (5). Les changements survenus dans le système des impôts leur enlevèrent la ferme de la dixme (6).
D'une part , les dixmes se convertirent peu à peu en une redevance fixe en argent; de l'autre, la perception de fimpôt fut confiée à des magistrats du choix de l'empereur, et à une administration spéciale (7). L'ordre équestre cessa dès lors
(1) Cicer. Ad Mtic. II, 1.
Valer. Maxim., 2, X, 7.
(2) Valer. Maxim., loc .cii.
Ci) Suétone, J. Ccesur, n° 20
(4) Cicer. Pro lege Manilia, 7.
(5) Elles l'avaient cependant encore sous Tibère (Tacit. IV, Annal. 6); mais les textes ne sont pas aussi clairs pour le règne de Néron (Tacit. XIII, Annal. 60).
(6) Biirmann, C 9.
(7) Burmann, C. 9.