‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 107 sur 235 · Le public s'instituerait juge dans sa propre cause · texte numérisé non relu

Le public s'instituerait juge dans sa propre cause

2. On verra plus loin (liv. III, ch. xvii) à quelles inextricables difficultés pratiques Rousseau est conduit dans certains cas par cette distinction.

3. C'est la conséquence de ce qui a été expliqué plus haut, chap. nr. Cf. Introd., II, § 4.

4. Lorsqu'il y a volonté générale, la décision prise est nécessairement générale et oblige également tout le monde.

rêt et de la justice, qui donne aux délibérations communes un caractère d'équité qu'on voit évanouir dans la discussion de toute affdrre particulière, faute d'un intérêt commun qui unisse et identifie la règle du juge avec celle de la partie.

Par quelque côté qu'on remonte au principe, on arrive toujours à la même conclusion ; savoir, que le pacte social établit entre les citoyens une telle égalité, qu'ils s'engagent tous sous les mêmes conditions et doivent jouir tous des mêmes droits. Ainsi, par la nature du pacte, tout acte de souveraineté, c'est-à-dire tout acte authentique de la volonté générale, oblige ou favorise également tous les citoyens ; en sorte que le souverain connaît seulement le corps de la nation, et ne distingue aucun de ceux qui la composent, Qu'est-ce donc proprement qu'un acte de souveraineté? Ce n'est pas une convention du supérieur avec l'inférieur, mais une convention du corps avec chacun de ses membres : convention légitime, parce qu'elle a pour base le contrat social {') ; équitable, parce qu'elle est commune à tous ; utile, parce qu'elle ne peut avoir d'autre objet que le bien général (^) ; et solide, parce qu'elle a pour garant la force publique et le pouvoir suprême ('). Tant que les sujets ne sont soumis qu'à de telles conventions, ils n'obéissent à personne, mais seulement à leur propre volonté (*) ; et demander jusqu'où s'étendent

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