‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 113 sur 235 · Gi-dessus, II, iv · texte numérisé non relu

Gi-dessus, II, iv

le tout moins une partie n'est point le tout ; et tant que ce rapport subsiste, il n'y a plus de tout, mais deux parties inégales : d'où il suit que la volonté de l'une n'est point non plus générale par rapport à l'autre (*).

Mais quand tout le peuple statue sur tout le peuple, il ne considère que lui-même ; et s'il se forme alors un rapport, c'est de l'objet entier sous un point de vue à l'objet entier sous un autre point de vue, sans aucune division du tout (*). Alors la

1. Rousseau a donné à ce raisonnement abstrait une sorte de précision mathématique, qui ne laisse pas que d'être assez obscure à première vue. Pour le comprendre, rappelons- nous que la volonté générale n'existe que si fous les sujets d'un État délibèrent sur une question d'intérêt général, c'est-à-dire qui les touche tous également : elle est alors l'élément commun de toutes ces volontés individuelles (voir II, m). Dès lors, trois cas sont à considérer : 1" les citoyens délibèrent sur une chose particulière qui ne touche directement aucun d'entre eux (hors de l'État), par exemple sur l'autorité du grand vizir de Turquie : ils manquent alors de compétence, la chose en question leur étant étrangère, et il ne peut se former entre eux une volonté commune ; S" ils délibèrent sur une chose particulière qui, étant dans rÉtat,8e trouve intéresser seulement quelques-uns d'entre eux, par exemple l'établissement d'une ligne de chemin de fer ; dans ce cas, le groupe des citoyens intéressés directement, des riverains par exemple, se détache de l'ensemble du corps social et se décide uniquement d'après ses intérêts particuliers» tandis que le reste du peuple considère l'intérêt général ; comme ces deux groupes ne se placent pas au même point de vue, on ne peut encore dégager une volonté commune à tous ; — 3» enfin, ils délibèrent sur une chose générale qui les touche également tous, par exemple sur le régime des associations en général, et, en ce cas, on peut, par le simple calcul des voix, savoir ce que la volonté générale estime conforme aux intérêts de tous : il peut y avoir une loi.

2, Les citoyens décident tous, en tant que membres du sourerain, la loi à laquelle ils devront tous obéir en tant que sujets.

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