‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 119 sur 235 · Le citoyen n'existe que comme partie d'un tout · texte numérisé non relu

Le citoyen n'existe que comme partie d'un tout

3. Les philosophes antiques, notamment Aristote, disaient au contraire que l'homme est un « animal politique » et que la vie sociale est la fin même h laquelle le destine sa nature. — Rousseau, comme la plupart des philosophes du xviii* siècle, exagère, semble-t-il, le caractère artificiel des insiitulions sociales.

autres (*), et que la force acquise par le tout soit égale ou supérieure à la somme des forces de tous les individus (*), on peut dire que la législation est au plus haut point de perfection qu'elle puisse atteindre.

Le législateur est à tous égards un homme extraordinaire dans rÉtat ('). S'il doit l'être par son génie, il ne Test pas moins par son emploi. Ce n'est point magistrature, ce n'est point souveraineté. Cet emploi, qui constitue la république, n'entre point dans sa constitution ; c'est une fonction particulière et supérieure, qui n'a rien de commun avec l'empire humain ; car si celui qui commande aux hommes ne doit pas commander aux lois, celui qui commande aux lois ne doit pas non plus commander aux hommes : autrement ces lois, ministres de ses passions, ne feraient souvent que perpétuer ses injustices ; jamais il ne pourrait éviter que des vues particulières n'altérassent la sainteté de son ouvrage (').

1. Le citoyen, après le pacte, n'a en effet de puissance légitime que celle qui lui est reconnue par la volonté générale. Sa liberté individuelle n'en est pas cependant détruite, con?rae on Ta vu plus haut, ch. iv.

2. La force totale de l'État peut être supérieure à la somme des forces naturelles des individus qui le composent, parce que l'organisation sociale supprime les conflits individuels et les désordres de tout genre où s'épuisaient inutilement ces forces et leur fait rendre leur maximum d'effet utile.

3. Rousseau fut souvent tenté de jouer ce rôle. On sait qu'il se prépara à donner des lois à la Pologne et à la Corse.

4. C'est, de nouveau, presque revenir à la séparation du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. — 11 faut que la loi soit si manifestement juste et sage que les. hommes éprouvent devant elle un respect religieux.

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