‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 120 sur 235 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Quand Lycurgue donna des lois à sa patrie, il commença par abdiquer la royauté. C'était la coutume de la plupart des villes grecques de confier à des étrangers rétablissement des leurs. Les républiques modernes de Tltalie imitèrent souvent cet usage ; celle de Genève en fit autant et s'en trouva bien (a). Rome, dans son plus bel âge, vit renaître en son sein tous les crimes de la tyrannie, et se vit prête à périr pour avoir réuni sur les mêmes têtes (*) l'autorité législative et le pouvoir souverain.

Cependant les décemvirs eux-mêmes ne s'arrogèrent jamais le droit de faire passer aucune loi de leur seule autorité. « Rien de ce que nous vous proposons, disaient-ils au peuple, ne peut passer en loi sans votre consentement. Romains, soyez vousmêmes les auteurs des lois qui doivent faire votre bonheur. »

Celui qui rédige les lois n'a donc ou ne doit avoir aucun droit législatif ('), et le peuple même ne peut, quand il le voudrait, se dépouiller de ce droit incommunicable, parce que, selon le pacte fondamental.

(a) Ceux qui ne considèrent Calvin que comme théologien connaissent mal l'étendue de son génie. La rédaction de nos sages édits, à laquelle il eut beaucoup de parU lui fsi^it autant d'honneur que son Institution. Quelque révolution que le temps puisse amener dans notre culte, tant que Vamour de la patrie et de la liberté ne sera pas éteint parmi nous^ jamais la mémoire de ce grand homme ne cessera d'y être en bénédic" tion. (Note de Rousseau.)

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