‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 131 sur 235 · DES DIVERS SYSTÈMES DE LÉGISLATION · texte numérisé non relu

DES DIVERS SYSTÈMES DE LÉGISLATION

Si Ton recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit

1. On a souvent voulu voir en Bonaparte, qui naquit sept ans après la publication du Contrat social, le Messie annoncé par cette curieuse prophétie. Mais les c pressentiments > de Rousseau portaient sur le développement du peuple corse luimême, à qui il prédisait un grand rôle politique. Cette illusion était partagée d'ailleurs par nombre d'écrivains du xvnie siècle, Frédéric II {Anti-Machiavel, ch. xx), Voltaire, etc. : le courage des Corses, leur opiniâtreté à défendre leur indépendance, l'énergie de Paoli, avaient valu à la petite île l'ardente sympathie de toute l'Europe libérale et philosophique.— Il faut peutêtre voir surtout dans ce passage une marque du désir qu'avait Rousseau d'appliquer son système politique et de réaliser luimême cet idéal du Législateur qu'il avait représenté si majestueux. Les Corses d'ailleurs relevèrent l'invitation : en 1764, M. Butta-Foco, avec l'agrément de Paoli, entama des négociations avec Rousseau et l'invita à donner une constitution à la Corse. Ce fut l'occasion d'une intéressante correspondance et surtout d'un très curieux Projet de Constitution pour la Corse, qu'a publié M. Streckeisen-Moultou (Œuvres et corresp. iné~ dites de J.-J. R., 1861), où l'on voit Rousseau s'efforçant d'adapter aux faits les théories du Contrat social.

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