‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 132 sur 235 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

à deux objets principaux : la liberté et V égalité ; la liberté, parce que toute dépendance particulière (*) est autant de force ôtée au corps de l'Etat ; Tégalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle.

J'ai déjà dit(') ce que c'est que la liberté civile; à regard de l'égalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessous de toute violence ('), et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois ; et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre (a) : ce qui suppose, du côté des grands, modération de biens et de crédit; et, du côté des petits, modération d'avarice et de convoitise (*).

fa) Voulez-vous donc donner à l'État de la consistance ? Rap' prochez les degrés extrêmes autant qu'il est possible ; ne souffrez ni des gens opulents ni des gueux. Ces deux états, naturellement inséparables, sont également funestes au bien commun] de Vun sortent les fauteurs de la tyrannie, et de Vautre les tyrans ; cest toujours entre eux que se fait le trafic de la iiberté publique : l'un Vachète et Vautre la vend. {Note de Rousseau.)

1. On est libre quand on ne dépend que de la nature et de la loi. La liberté, selon Rousseau, se ramène en somme à réga-^ lité devant la loi.

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