‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 137 sur 235 · DIVISION DES LOIS · texte numérisé non relu

DIVISION DES LOIS

Pour ordonner le tout, ou donner la meilleure forme possible à la chose publique, il y a diverses relations à considérer. Premièrement, l'action du corps entier agissant sur lui-même, c'est-à-dire le rapport du tout au tout, ou du souverain à l'État (^); et ce rapport est composé de celui des termes intermédiaires, comme nous le verrons ci-après (*).

Les lois qui règlent ce rapport portent le nom de lois politiques, et s'appellent aussi lois fondamentales, non sans quelque raison si ces lois sont sages. Car, s'il n'y a dans chaque Etat qu'une bonne manière de Fordonner,le peuple qui l'a trouvée doit s'y tenir ; mais si Tordre établi est mauvais, pourquoi prendrait 'On pour fondamentales des lois qui l'empêchent d'être bon ? D'ailleurs, en tout état de cause, un peuple est toujours le maître de changer ses lois, même les meilleures (') ; car, s'il lui plaît de se faire mal à lui-même^ qui est-ce qui a droit de l'en empêcher ?

La seconde relation est celle des membres entre eux, ou avec le corps entier ; et ce rapport doit être au premier égard aussi petit, et au second aussi grand qu'il est possible ; en sorte que chaque citoyen

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