‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 153 sur 235 · Montesquieu, Espr. des L., III, m · texte numérisé non relu

Montesquieu, Espr. des L., III, m

mais, faute d'avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n'a pas vu que l'autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout État bien constitué (*), plus ou moins il est vrai, selon la forme du gouvernement.

Ajoutons qu'il n'y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu'il n'y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C'est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s'armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie, au fond de son cœur, ce que disait un vertueux palatin (a) dans la Diète de Pologne : Malo periculosam liberlalem quam quieium sérvilium (*).

S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes (").

(a) Le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne, duc de Lorraine. (Note de Rousseau.)

1. Pour Rousseau, en effet, tout État légitime est républicain (voir II, VI) : il faudra donc de la vertu dans tous les gouvernements, mais < plus ou moins ». Il accepte donc, mais en la généralisant, la théorie de Montesquieu.

2. € Je préfère la liberté avec ses périls à la tranquillité de la servitude. » Paroles du père du roi Stanislas Leczinski.

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