‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 163 sur 235 · DES GOUVERNEMENTS MIXTES · texte numérisé non relu

DES GOUVERNEMENTS MIXTES

A proprement parler, il n'y a point de gouvernement simple. Il faut qu'un chef unique ait des magistrats subalternes ; il faut qu'un gouvernement populaire ait un chef. Ainsi, dans le partage

1. Voir notamment Bossuet, Politique Urée de VÉcriture Sainte, liv. IV, art. 1 et 2.

de la puissance executive, il y a toujours gradation du grand nombre au moindre, avec cette différence que tantôt le grand nombre dépend du petit, et tantôt le petit du grand.

Quelquefois il y a partage égal, soit quand les parties constitutives sont dans une dépendance mutuelle, comme dans le gouvernement d'Angleterre (^) ; soit quand l'autorité de chaque partie est indépendante, mais imparfaite, comme en Pologne (^). Cette dernière forme est mauvaise, parce qu'il n'y a point d'unité dans le gouvernement, et que l'État manque de liaison.

Lequel vaut le mieux d'un gouvernement simple ou d'un gouvernement mixte ? Question fort agitée chez les politiques, et à laquelle il faut faire la même réponse que j'ai faite ci-devant sur toute forme de gouvernement (^).

Le gouvernement simple est le meilleur en soi, par cela seul qu'il est simple. Mais quand la puissance executive ne dépend pas assez de la législative, c'est-à-dire quand il y a plus de rapport du prince au souverain que du peuple au prince (*),

1. Les pouvoirs de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes sont théoriquement à peu près égaux. Mais ce sont des pouvoirs léjs^isiatifs et non exécutifs.

2. Dans les élections polonaises, au xvn" et au xviu» siècle,il fallait l'unanimité : de sorte que l'opposition d'un seul individu suffisait à empêcher toute conclusion; c'était ce qu'on nommait le Liherum veto,

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