DES ÉLECTIONS
A l’égard des élections du prince et des magistrats, qui sont, comme je l’ai dit (*), des actes complexes, il y a deux voies pour y procéder, savoir, le choix et le sort. L’une et l’autre ont été employées en diverses républiques, et l’on voit encore actuellement un mélange très compliqué des deux dans l’élection du doge de Venise (2).
« Le suffrage par le sort, dit Montesquieu (3), est de la nature de la démocratie. » J’en conviens, mais comment cela ? « Le sort, continue-t-il, est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir la patrie. » Ce ne sont pas là des raisons.
Si l’on fait attention que l’élection des chefs est une fonction du gouvernement, et non de la souveraineté, on verra pourquoi la voie du sort est plus dans la nature delà démocratie, où F administration