‹ Du contrat social [Texte imprimé]Chapitre 136 sur 149 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

*Rl

que sa patrie, ne cherchait pas tant le moyen le plus légitime et le plus sûr de sauver l’Etat, que celui d’avoir tout l’honneur de cette affaire (a). Aussi fut-il honoré justement comme libérateur de Rome, et justement puni comme infracteur des lois. Quelque brillant qu'ait été son rappel, il est certain que ce fut une grâce.

Au reste, de quelque manière que cette importante commission (*) soit conférée, il importe d’en üxer la durée à un terme très court, qui jamais ne puisse être prolongé : dans les crises qui la font établir, l’Etat est bientôt détruit ou sauvé, et, passé le besoin pressant, la dictature devient tyrannique ou vaine. A Rome, les dictateurs ne l’étant que pour six mois, la plupart abdiquèrent avant ce terme. Si le terme eût été plus long, peut-être eussent-ils été tentés de le prolonger encore, comme firent les décemvirs celui d’une année. Le dictateur n’avait que le temps de pourvoir au besoin qui l’avait fait élire ; il n’avait pas celui de songer à d’autres proje ts.

(a) C’est ce dont il ne pouvait se répondre en proposant un dictateur, n’osant se nommer lui-même, et ne pouvant s’assurer que son collègue le nommerait. (Noie de Rousseau). (l) La dictature.

Il2

Page 1