‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 11 sur 39 · Revue des Deux Mondes, 1881, t. 43, p · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, 1881, t. 43, p

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l'invention d’une grande machine qui transporte les produits du sol au travers des airs. « Mais, dit Smith, le commerce et l’industrie d’une nation aussi suspendue sur les ailes icariennes des billets de banque ne cheminent pas d’une manière si assurée que sur le solide terrain de l'or et de l'argent. »

Nous ne devons pas quitter les théoriciens du papier monnaie sans mentionner le moyen que proposait Ricardo pour soutenir la valeur du papier. Cel économisie voyait dans la monnaie fiduciaire la base d’un véritable système monétaire. Mais son système se distingue des précédents et présente une grande originalité. Ricardo proposait l’usage d’un papiermonnaie dont la circulation serait volontaire bien que circulant nécessairement et dont la valeur ne pourrait tomber au-dessous de celle de l’argent. A cet effet, le papier serait remboursable non en espèces, mais en lingots. Étant donné l’'incommodité de ces lingots et les nombreuses formalités à suivre pour en obtenir la livraison, peu de billets seraient présentés au remboursement. D'autre part, leur valeur ne pourrait jamais descendre au-dessous de celle des lingots, car dans ce cas le public réaliserait les billets. Ce moyen permet donc d'éviter l’abus des émissions ; ilest pourtant sujet à critiques. On n’y trouve pas les garanties nécessaires, car rien ne prouve que l’État, qui ne subit aucun contrôle, conservera dans ses caisses la quantité de lingots

nécessaires ; l’inconvertibilité des billets reste aussi menaçante. Nous retombons dans les premiers erremenis.

La seconde classe de défenseurs du papier est représentée par certains États, notamment ceux de l’Amérique du Sud. Leur manière d’agir ne s'explique pas par les avantages qu'ils retirent. d’un tel système. Le papier y apparaît avec tous ses inconvénients, et ces nations sont les premières à en reconnaître les dangers. C’est une raison de nécessité qui les pousse à conserver le papier. Malgré leur plus grand désir, ils ne peuvent sortir de cette situation, car ils ne présentent pas les conditions nécessaires. La plupart sont des pays essentiellement agricoles, de sorte que, dans les années de mauvaises récoltes, le déficit ne peut-être comblé par une plus forte aclivité industrielle. Cette situation n’est, il est vrai, que le résultat d’une mauvaise politique et ces États ne doivent s’en prendre qu'à eux-mêmes de l’état de leurs finances. « Il sont, dit M. Bonnet, comme ces malades qui auraient besoin d'un remède énergique et qui sont hors d'état de le supporter. Le remède énergique serait le retour à la circulation métallique, et, comment l'employer, lorsqu'il n'y a plus de numéraire dans le pays et qu'il faudrait pour s’en procurer faire des sacrifices considérables qui entraineraient une ruine générale (1) ». En République

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