‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 18 sur 39 · JO · texte numérisé non relu

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pays. C’était une raison de plus à invoquer en faveur de son système. « En Ilollande, dit-il, on donne l'argent pour gage et le papier est employé comme monnaie, ce qui prouve que le papier a plus que l'or et l'argent toutes les qualités nécessaires à la monnaie. » Law va même jusqu'à ne pas vouloir d’encaisse métallique pour garantir le papier, car dit-il, il en résulterait une immobilisation de numéraire, et cela serait contraire à l’idée qui a fait créer le papier.

Tels sont les principes qui devaient guider Law dans l’application de son système. Celui-ci se ramène à deux idées : mettre à la disposition du prince tout le capital que remplacerait le papier-monnaie et employer ce stock métallique à une vaste entreprise coloniale et financière. Nous passerons rapidement sur le fonctionnnement de ce système; il est trop connu et ce serait sortir de notre sujet. La première partie du programme fut réalisée par l'institution d'une banque en 1716 à la suite des lettres patentes du 2 mars, et qui devint, l’année suivante, la Banque royale. Law s’engageait à rembourser les billets en espèces de poids et de titres invariables, et se soumettait à la surveillance de fonctionnaires nommés par le prince. Mais la situation changea rapidement par suite d’une intervention fâcheuse du gouvernement qui voulut imposer le paiement des contributions en billets. C'était mêler trop intimement

la banque aux opérations du Trésor. Les bureaux de finances, dit M. Levasseur (1), devinrent des succursales de la banque. Ce fut la première dérogation aux principes établis par les lettres patentes de 1716. Le mouvement était pris et la banque se détourna de plus en plus de son but originel.

En 1718 elle est convertie en banque royale : à partir de ce moment on fabrique des billets en livres tournois, par conséquent, sujets à tous les accidents d’une refonte possible. Leur acceptation devient obligatoire : c’est l'établissement du cours forcé. Aussi faut-il s'attendre à toutes les conséquences qu'engendre une telle mesure. La banque passait sous l’entière dépendance du prince, donc, plus de garanties, plus de contrôle. En quatre mois 59 millions de billets furent créés. Ces nouvelles émissions étaient faites, dans l'esprit de Law, pour favoriser le: développement de la Compagnie d'Occident. Les actions de cette compagnie, qui étaient en défaveur au début, remontèrent peu à peu, car le public y voyait un placement pour les billets de la banque dont la dépréciation allait en croissant.

Toujours dans le but d’accroître son entreprise, Law acheta les fermes et en obtint le bail ; c’est un lien de plus entre le Trésor et la Banque. Ces mesures eurent cependant un heureux effet, car les actions

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