‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 19 sur 39 · Recherches historiques sur le système de Law, p · texte numérisé non relu

Recherches historiques sur le système de Law, p

remontèrent et la Compagnie d'Occident apparut en pleine prospérité.

Law eut le tort de vouloir donner encore plus d’étendue à son entreprise, et transformer la France en une immense compagnie de commerce. À cet effet 50.000 actions de 5oo livres furent créées. Law sut les faire accepter par son habileté et sa facilité de persuasion. « Il sut, dit M. Levasseur, mettre en jeu la passion des richesses, soulever par l'espoir du gain toutes les classes de la société, éblouir l’imagination et donner à des fictions une valeur que la réalité n’aurait jamais eue. C'était la science de l’agiotage qui commençait. » La Compagnie d'Occident devint la Compagnie des Indes dont les actions eurent un énorme succès et s’élevèrent au-dessus du pair. En présence de la hausse et pour suppléer au manque de numéraire, la banque s’engagea dans de nouvelles émissions de billets : en l’espace de deux mois on en créa pour 290 millions. Imbu da ses idées, Law fit céder à la Compagnie des Indes le privilège de la fabrication des monnaies pour neuf ans. Mais il eut le tort de trop compter sur l'avenir et de se maintenir dans cette erreur que les nouvelles émissions augmentaient la richesse générale. En décembre 1919 on comptait 1 milliard de billets.

Cet amas de papier devait nécessairement faire naître la méfiance dans l'esprit du public, d'autant

plus que son acceptation était obligatoire. IL constiluait la seule monnaie légale pour les paiements au-dessus de 100 livres. Law voulut arrêter la déroule par des mesures énergiques mais qui n’en étaient que plus arbitraires. Il avait la confiance que ses idées finiraient par triompher et ne voulut pas se départir des principes qui lui avaient si bien réussi au début. C’est ainsi qu’un arrêté du 5 mars 1520 abolit l'usage des pièces d’or,mais l'opposition fut telle que deux mois plus tard les louis et les écus furent remis en circulation. Obligé d'arrêter les émissions de billets, Law ne pouvait plus maintenir les cours des actions de sa compagnie ; c'était la chute. Elle fut reconnue officiellement par un arrêt du 10 septembre 1520 ordonnant que « les billets ne pourront, à partir du 1° noveinbre, être donnés ou reçus en paiement pour quelque cause et prétexte que ce soit ».

Tel fut le système dans ses principales manifestations. La plus grande faute de Law fut de n’avoir pas assez protégé l’indépendance de la banque. L’intervention de l'Élat nous a toujours montré les dangers qui en résultent à la fois pour la banque d’émission et pour le public.

Nous ne saurions mieux faire la critique du système qu'en rapportant à ce sujet l'opinion de M. Levasseur : «Il faut, dit-il, rendre à Law la justice qu’il mérite. Il fut le premier des financiers qui aient

étudié avec attention les phénomènes et les causes de la production des richesses... Son erreur fut de croire que l'augmentation du numéraire augmentait la richesse et que toute matière était propre au monnayage. Mais il a éclairé la route des idées économiques et nous pouvons aujourd'hui, jugeant l’homme el ses principes avec moins de passion que ne pouvaient le faire ses contemporains, dire que si Law fut trop absolu dans ses idées et trop violent dans ses moyens, il fut du moins animé du désir de faire le bien, ferme dans les principes qu’il croyait vrais et honnête dans sa conduite (1). »

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