‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 2 sur 39 · FORMES ET CARACTÈRES DU COURS FORCÉ · texte numérisé non relu

FORMES ET CARACTÈRES DU COURS FORCÉ

Le cours forcé peut se présenter sous deux formes. Dans le premier cas, l'État émet lui-même des billets non remboursables et devant circuler comme de la monnaie. Ce sont les billets d’État.

Le second procédé exige l’intermédiaire d’une banque. L'État emprunte à cet établissement une quantité de billets égale à la somme dont il a besoin, et le dispense du remboursement de ces billets.

De ces deux procédés, le second seul offre de réels avantages ; c’est aussi le plus usité. L'émission directe par l’État a toujours eu en effet des conséquences désastreuses en raison de ses inconvénients. Toute garantie disparaît dans l'émission des billets et le gouvernement peut les multiplier à volonté. Quoi de plus facile pour lui que d'augmenter ses ressources à peu de frais? Aucun contrôle ne peut l'arrêter et cette liberté n’est pas faite pour linciter à la

prudence, bien que, comme nous le verrons plus: tard, cet excès d'émission ne tarde pas à se retourner contre J'État lui-même.

Du côté du public, des conséquences non moins redoutables sont à craindre. On se méfie toujours de la nouveauté et l’apparition des billets d'État ne peut faire naître qu'une confiance limitée. Si le public ne répond pas aux espérances du gouvernement, c’est le discrédit jeté sur les billets, prélude de la débâcle financière et de la banqueroute. Le procédé de l’émission indirecte échappe, au contraire, à toutes ces critiques. Les administrateurs de la banque sont les premiers intéressés à ce que les émissions ne soient pas excessives, toute atteinte au crédit de leur établissement pouvant luiêtre funeste. C’est en résistant aux demandes d'emprunts trop répétées du gouvernement qu'ils pourront éviter la dépréciation des billets. D'autre part, le public, habitué à ce papier, continuera à lui accorder sa confiance d’autant plus que les porteurs de billets auront alors deux débiteurs : l’État et la banque. Dans ces conditions le cours forcé risque de passer inaperçu.

Ces considérations ont du reste trouvé leur application au cours de l’histoire économique. Les pays où se manifestent les plus fortes depréciations et qui nous donnent le spectacle des plus graves désordres, sont précisément ceux qui,comme l'Autriche et les États- Unis, eurent recours aux billets d'État.Nous verrons

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