‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 25 sur 39 · Moniteur du 9 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 9 avril

De

espèces sonnantes dans toutes les caisses publiques et particulières.

La discussion sur ce sujet s’engages le 15 avril. Des deux côtés, de nombreux orateurs prirent la parole et s’efforcèrent de faire triompher leurs idées. Parmi les principaux qui s’élevèrent contre le papiermonnaie, citons : Dapont de Nemours, l’abbé Maury, l'archevêque d'Aix. Dupont de Nemours examina la question au point de vue purement économique. Montrant que la valeur de l’argent ne dépend pas de la dénomination mais de la concurrence et des marchandises, il conclut que la nation peut délivrer une promesse de paiement mais ne peut pas faire que la promesse soit un paiement. L’assignat ne peut donc pas servir au règlement destransactions. En d’autres termes, Dupont de Nemours s’attaquait au cours forcé des assignats. L'abbé Maury s’efforça de combattre l’idée de donner un intérêt aux assignats. « Le papier-monnaie à intérêt, dit-il, est l'idée la plus contradictoire qui soit entrée dans la tête d’un calcu: lateur. Le papier-monnaie cireule essentiellement ; s’il portait intérêt, il resterait en stagnation. Le papier-monnaie n'est pas un emprunt; s’il en était un, ce serait le plus désasireux de tous (1) ». Il terminait en faisant prévoir la dépréciation qui frappera le papier dès le début et les conséquences désas-

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