Moniteur du 29 septembre
Répondant à l’idée de Mirabeau, d’après laquelle les assignats attachent plus étroitement la nation à l’œuvre de la révolution, il déclarait que : «ce serait faire injure à l’Assemblée que de croire avoir besoin de réveiller l’indignation et le mépris que méritent de si honteux motifs. »
D’autres brochures proposaient l'émission de quittances des finances, qui ne serviraient qu’à acheter les biens du clergé et ne seraient pas considérées comme une monnaie. Le Moniteur reproduit également de nombreux articles sur l’assignat- monnaie. L'auteur d’un de ces articles déclarait notamment que «le papier le mieux garanti et le plus solidement hypothéqué ne peut remplir, dansla société, les fonctions les plus essentielles de la monnaie, s’il ne peut, à volonté, seconvertir contre de l’argent s’il existe une différence, un cours quelconque entre le papier et l'argent, toutes les sourcesde la richesse et du revenu national seront desséchés et le pays exposé à la plus affreuse détresse (1) » La question fut également soulevée, dans une séance de l’Assemblée, (2), au sujet d’une brochure intitulée Æffets des assignats sur le prix du pain par un ami du peuple où l’auteur montrait qu'unenouvelle émission d’assignats aurait pour conséquence d’angmenter le prix
1. Moniteur du 10 septembre 1790 2. Moniteur du 11 septembre 1790
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des marchandises et principalement de la plus utile, le pain; ce qui revient à dire que les assignats causeraient la misère de la plus grande partie de la population. De nombreux députés demandaient de payer la dette exigible en assignats forcés, proposition contre laquelle plusieurs villes importantes s’élevèrent en faisant prévoir le désastre qui en résulterait pour l’industrie. Cependant, Mirabeau devait encore une fois, par un de ces discours vibrants dont lui seul avait le secret, faire épouser ses idées par l’Assemblée. Pendant toute une séance, il défendit les assignats avec autant de vigueur qu'il les avait combattus au début de 1589.Mais cette contradiction n'était pas faite pour l'arrêter. Distinguant l’assignat du papier-monnaie, Mirabeau attribuait la disette de numéraire au manque de petites coupures. Pour lui la formule: le papier chasse l’argent, n’est vrai que pour un papier sans consistance, sans garantie, sans hypothèque disponible. Il déclarait que si la Franceétait pauvreen numéraire c’est qu’«un gouvernement vampirique a depuis plus d’un siècle sucé le sang du peuple pour s’énivrer de faste et de profusion (1). »
Barnave et Lebrun répondirent aux arguments de Mirabeau. Dupont de Nemours rappela le triste sort d’un papier semblable aux assignats qui fut créé aux