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nation aurait pu s’en remettre facilement, si les événements de 1848 n'étaient survenus. Immédiatement la panique s’empara du public, les porteurs de billets se précipitèrent aux guichets de la Banque, pour se faire rembourser, et les commerçants, pour faire escompter leurs effets. La Banque, au début, soutint fermement le choc et voulut faire renaitre la confiance en montrant ainsi la solidité de son crédit. Mais ses prévisions ne se réalisèrent pas et l’affolement du public ne fit qu'augmenter, d'autant plus que certains proposaient la nationalisation de la Banque. Le Trésor rendait la situation encore plus critique par ses besoins d’argent. L’encaisse de la Banque qui était de 140 millions au 26 février tomba le 14 mars à 70 millions. La gravité de la crise demandait des mesures immédiates. A cet effet, le conseil de la Banque se réunit le 1 mars pour décider de la conduite à tenir. Une partie proposait la liquidation de la Banque. Elle avait encore assez de capitaux pour payer intégralement tousles créanciers et sortir honorablement de la situation. Mais c’était sacrifier le commerce et priver l'État d’un auxiliaire puissant surtout en cette période critique que la nation traversait. Le conseil s’orienta vers une autre solution,
d'arrêter l'exode de la monnaie métallique. D’autre part l’achat par la Russie de 5o millions de rentes rançaises consolida la situation.
et, à la suite de sa délibération, le gouverneur de la Banque, d’Argont, adressa au ministre des Finances une lettre dans laquelle, après avoir exposé la situation, il demandait au gouvernementa l’utorisation de suspendre les payements en espèces.
« La promptitude et la largeur des opérations de la banque, disait-il, lui donnaient l’espoir de dominer la crise ; elle y serait probablement parvenue sans les demandes provoquées par des besoins extraordinaires et exagérées par la peur... Ce matin, une panique s’est déclarée; les porteurs de billets se sont présentés en foule à la banque; de nouveaux guichets d'échange ont été ouverts pour accélérer le service. Plus de 10 millions ont été payés en numéraire. Demain, la foule sera encore plus considérable et la banque sera entièrement dépouillée de ses espèces. Dans ces graves circonstances, nous devons recourir à votre vigilante et énergique sollicitude et à celle du gouvernement (1). »
A la suite de cette lettre, le gouvernement provisoire rendit le décret du 15 mars qui décrétait le cours forcé des billets de banque et fixait le maximum d'émission à 350 millions. La coupure était abaissée à 100 francs.
Le cours forcé, qui fut si souvent funeste aux États, eut toutefois en 1848 une conséquence des