‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 8 sur 39 · SES · texte numérisé non relu

SES

un moment que le papier-monnaie est la véritable panacée pour conduire très vite à la richesse, C’est le plus grand inconvénient de ce papier, car, après avoir égaré tout le monde, il conduit, non pas à la richesse, mais à des catastrophes inévitables et d’autant plus graves que l'illusion a duré davantage (1).»

Le cours forcé nous apparaît ici dans un de ses effets les plus funestes. C’est la ruine du crédit, la misère des classes pauvres et le trouble apporté dans l’activité économique. Ajoutons un danger moral : celui de faire pénétrer l’idée de la spéculation dans l'esprit du public. Nous constatons notamment ce fait aux États-Unis où l’ardeur de l’agiotage anime et passionne toutes les classes de la société depuis les gros capitalistes jusqu'aux petits bourgeois. Trouvant leur avantage au développement d’un tel régime, ces spéculateurs poussèrent le gouvernement américain à des émissions de plus en plus fortes et si les États-Unis ne sortirent du cours forcé qu’en 1859, c'est que la moitié de la population s’y était longtemps opposée. Ce pays nous donne, du resle, le spectacle des plus fortes oscillations. La prime de l'or, qui était de 152 au 1° janvier 1864, passa six mois plus tard à 286.

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