DE LA RÉPARTITION OÉNÉRALE
qui seuls, comme nous le savons, peuvent puiser dans le crédit un renfort de productivité ; c'est douer d'une vie nouvelle les valeurs réelles qui ne faisaient que végéter; en un mot, c'est donner aux capitaux fixes toute l'énergie de capitaux circulans. Tel est aussi l'un des problèmes que nous, nous sommes posés dans le chapitre T' (1), et qui nous reste encore à résoudre, puisque le second , touchant la consolidation des valeurs dégagées ou émises se trouve déjà résolu par les développemens des chapitres précédons. Il s'agit donc maintenant de faire servir les valeurs circulatoires pourvues de fonds , au d^agement d'autres fonds dépourvus encore de la faculté de circuler.
Nous avons vu dans le chapitre V que si tous les fonds étaient réels d'une manière parfaite et absolue, leur dégagement moyennant le crédit serait très-simple , et s'opérerait directement par une institution centrale qui émettrait des Taleur& circulatoires sur l'engagement de valeurs fixes. En pareil cas, les fonds seraient comparables à de véritables lingots qui afflueraient à la monnaie pour s'y convertir immédiatement en numéraire
(1 ) Voyez page 30.
légal. Cependant nous avons reconnu que l'organisation du crédit général impliquait , pour satisfaire à toutes les exigences , des conditions bien plus complexes ; car le crédit foncier, qui seul semblerait pouvoir rentrer dans de telles conditions, en est souvent empêché lui-même par les vices du régime hypothécaire ou par d'autres obstacles dépendant de la constitution même de la propriété. Quant au crédit industriel et commercial, il s'écarte encore davantage de ces conditions, bien qu'il se trouve souvent en possession de valeurs réelles qui pourraient effectivement servir de gage suffisant à un dégagement immédiat de valeurs circulantes, comme par exemple : fonds d'exploitations, de manufactures, et même consignations de marchandises. Toujours est-il que, ces différentes modifications de réalité , et cette variété de caractère des fonds dont le crédit aurait à effectuer la mobilisation, nécessitent une organisation bien plus compliquée , ainsi qu'un dégagement de crédit gradué et différencié; car de pareils fonds, loin d'être déjà de véritables lingots, ne sont dans leur état actuel que tout au plus du minerai qui a besoin par conséquent de passer par des transformations préparatoires avant de pouvoir
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par vevir jusqu'à ia Momiaie. Bien pl^m, quant ati crédit fonder Ininnôme , en admettant le perfec* tionneroefit des systèmes hypoliiécaires, qm >dans certains pays est (kgà effectué , et pour lequel , dbns d'autres , il y a d^à des matériaux suffisamment préparés, il exi«ne parfois d'autres drconstances , telles par exemple que le morcelle*ment excessif de la propriété foncière , qui paralyseraient de leur côté F influence du régime ; car, quelque parfait que soit celui-^i , jamais il ne saurait atteindre tous ces lambeaux de biens fonds qui , en pareil cas, ne seraient même pas comparables à du minerai , mais tout au plus à des parcelles d'or et d'argent dans les sables métallifères qu'il faut retirer et agiomérer avant de pouvoir les rendre aptes à la circulation.
Toutes ces difficultés s'évanouissent devant une répartition du crédit graduée et tlifférenciée ^ et de même que le minerai a besoin de passer par des opérations métallurgiques avant de se transformer en écus, de même les fonds, c'est-à-dire ia matière escomptable , doit nécessairement traverser des institutions intermédiaires, avant dé pouvoir puiser dans l'instituticm centrale l'agent de circulation qui doit la vivifier. Ces institutions intermédiaires sont les banques ou établîssemens
de créclit plus ou rooios psurtionUeps, dîssénifiiés sw tous M p<HQt$ du territoûrve et différeDûié$ eaire eux^ taalôt par la lûCdMdé^ tantôi par la 9féciaUté de leurs opératioDs, tantôt enfin par iû natare «ême de l&xt^ cùx^stàixAxons graduéê$ ; aiâîs qui se trouveraient tous indirectement cm^ « tralisés par Le Trésor publie , ne pouvant émettre en 'Circulation que les effets unitaires de celui-et. L'interyenlion de pareilles banques intermé*diaires entre TÊtat et les particuliers est une néeessité d'organisation facile à apprécier, non sêu^ lement pour eause de préparation des fonds, mais aussi pour cause de libre exploitation des ea*pitaux disponibles, cause que nous avons in^ diqué au chapitre III en distinguant la vraie centralisation d'une concentration exclusive. Nous y avons vu que l'émission des litres de crédit et de circulation doit être centrale et gouver*»nementale , parce qu'elle exige une gaiaptie unitaire, mais en revanche nous avons reconnu que leur transmission doit être périphérique et particulière , parce que cellenci dépend d'une fouie de circonstances spéciales qui, précisé-^ ment en raison de leur spécialité , ne sont plus du ressort de l'administration publique. En effet, une institution gouvernementale ne sau-