‹ Du crédit et de la circulation [microform]Chapitre 21 sur 28 · DE LÀ GARANTIE BÉELLE DU CREDIT · texte numérisé non relu

DE LÀ GARANTIE BÉELLE DU CREDIT

réclame, —tantôt, au contraire, c'est l'abrogation totale ou partielle de banques locales , ou bien l'imposition d'entraves presque insurmontables à leur établissement, qu'on invoque , en se renvoyant ainsi des récriminations réciproques qui ne peuvent amener aucune solution. Quant aux faibles palliatifs qui semblent sortir de ce cercle vicieux , comme par exemple l'exhibition d'encaisses réelles, la prohibition d'émettre des billets de somme trop inférieure, etc., etc., les faits (i) et les raison nemens (2) en ont déjà fait justice. Eh bien! il nous est maintenant facile de reconnaître à l'aide du raisonnement ce que Texpérience avait depuis long-temps démontré, savoir : que les mesures négatives n'étaient capables que d'empirer les situations, et qu'on exigeait d'elles en vain ce qui n'est qu'au pouvoir des mesures positives et organisatrices. Aussi ce

(1) Téffloio rtiistoire de la banque de Suttoo, qui emprunta pour vingt -quatre heures une somme considérable en espèces, à l'effet d'en faire seulement constater la présence exigée pour su constilution définitive.

(2) Sir Henry Parnell fait observer très-judicieusement que rémission de petits billets n'est un mal qu'autant que dure Tétat anormal du crédit ; mais qu'à la suite d'une véritable réforme, une émission pareille serait

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qui reste à faire, c'est préciscmenl V opposé de toutes les mesures que nous venons de mentionner. En effet, au lieu d'abroger, il faut instituer ; au lieu de restreindre, il faut étendre; au lieu d'affaiblir, il faut fortifier; au lieu d'entraver, il faut provoquer; au lieu d'exiger des garanties fictives, il en faut octroyer de réelles; en un mot, au lieu de réglementer d'une manière mesquine et tracassière, il faut organiser d'une manière large et solide. Une telle organisation ne peut avoir lieu que moyennant une convergence générale des élément individuels vers le foyer de la force publique, et un rayonnement en retour de celle-ci pour vivifier tous ses élémens partiels. Rappelons-nous la sublime parabole du cep de vigne et des branches qui ne peuvent porter de fruits

même nécessaire et formerait une partie essentielle du système de circulation perfectionné. ( On paper^monejr ^ banking and oi^ertrading^p, 22.) Cette observation est d^une parfaite justesse, et rentre complètement dans notre système , d'après lequel les sommes inférieures qui ne pourraient plus être représentées par des billets à rente , échoueraient en partage au papier-monnaie ordinaire. La circulation des écus de Prusse en papier, nous prouve suffisamment la sécurité et la commodité des petits billets lorsque leur émission est bien organisée.

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qu'autsiiit qu'ils participent au cep; or, la nécessité de particîpatioQ est une de ces vérités absolues qui sont applicables aussi bien à l'ordre spirituel qu'à Tordre matériel; plus on kes dé^ veloppe, plus on les reconnaît fécondes «ucansé^ quences. Participer , c'est prendre part non seu-^ kment passivement mais aussi activement , — c'esl-à^ire concourir de sa part à la totalité organique , et en revanche profiter pour sa pari de cette totalité. C'est ainsi que les branches et les feuilles servent à alimenter le cep, et que le cep en revanche leur fournit les moyens de porter des fruits. C'est ainsi également que toute oi^nisation normale doit combiner l'action générale a'Vec l'action particulière, en renforçant l'une par l'autre et concilier^ par conséquent, la centralisatioD avec l'individualisme.

Ainsi , ce n'est pas dans une banque unique , munie d'un monopole exorbitant , ou d'une prépondérance efTective, dont les inconvéniens et les dangers ont été suffisamment constatés, — ce n'est pas non plus dans un système de laissez-faire et laissez'passer qui dégénère nécessairema:)t en un dangereux synonyme de laissez-aUer , pour abou^ tir enfin à une débâcle semblable à celte du Banking^systtm d'Amérique, ou à des crises aussi fré-*

(foentea que celles des banques d'Angleterre et d'Irlande y que repose l'organisation féeende et normale du crédit. Le KtorceUesie&t indsvidiid qui mine tout par dessous , et l'envabissement imitaîre qui domine par dessus tout, sont égale-* ment aléatoires , et le remède à cette antinomie ne consiste pas mime dans ki teatatÎTe d'une simple réunion des deux systèmes ; car , dans ce cas , il- n'y aurait que fousse combinaison , Juxtaposition qui développerait tôt ou tard une oppesi^ tion intrinsèque , mais jamais composiêion normale. En effet , les États-Unis nous prouvent que co-existence n'est pas encore convergence^ car nous y voyoïfô bien des banques locales et isolées, et à côté une banque prédomiiiaQte , et soi-disant centrale, mais comme celle^i ne possède ni m,onopole ni privilège, el qu'en revanche die n'est en aucun lien d'organisation avec les banques particulières , il en résulte qu'elle descend complètement à leur rôle , n'entre qu'en rivalité avec elles, n'exerce sur celles-ci qu'un faible contrôle négatif j et par conséquent impuissant, et suscite enfin une collision flagrante qui en est la stricte conséquence. 11 n'y a entre une telle banque et les banques locales qu'une différence quantitative ^ c'est-à^ire de force numérique, et non

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i/ualUalive, c'est-à-dire d^influence et d'opération supérieure, ni d'organisation graduée; elle n'est donc nullement une Banque-Mère , mais seulement la sœur aînée des autres (1). Un tel rapport d'assimilation (et non d'association ) , n'aboutit qu'à provoquer une rivalité de coalition qui suflBt pour contrebalancer et paralyser l'influence de la banque centrale ; car là où il n'existe qu'une dif-^ férence numérique, un procédé également numérique d'addition ou de réunion, suffit pour neutraliser celle-là , et c'est ainsi que nous avons vu se former aux États-Unis des coalitions contre la Banque centrale, tandis qu'en Angleterre cela ne saurait avoir lieu y, en raison de la position spé-^ ciale et du caractère de la banque d'Angleterre. Par conséquent, dès qu'il n'y a que divergence sans convergence , il en résulte nécessairement tantôt des çoUisiom, tantôt des collassions^ ce qui 9 dans tous les cas, offre une fâcheuse alter-r native ; tandis que dans une organisation graduée» et qualitativement différenciée , les opérations , au lieu de se choquer, s'engrèneraient les unes dans les autres, et la machine entière fonction-r nerait normalement.

(i) Aussi la banque des États-Unis a-t-^lle fini par de«r venir simplenoent banque de Pensylvanie.

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C'est ce que la Banque d'Angleterre n*efifectue à son tour que d'une manière partielle et imparfaite 9 car il ne s'agit pas seulement d'éloigner les collisions j il faut en outre développer le concours^ — il^ne s'agit passeulement d'occuper une position spécifique, et d'agir quelquefois comme banque mère, mais plus souvent comme machine à opérations financières en dehors des besoins du crédit général, il faut en outre se constituer en lien d'organisation avec les institutions intermédiaires et les alimenter effectivement , en ménageant au public une garantie que celles-ci ne sauraient lui offrir. C'est ce que la banque d'Angleterre est loin d'effectuer ; elle consent bien parfois à subvenir aux besoins des banques locales en réescomptant leur papier, mais elle n'influe nullement sur celles-ci., et par conséquent elle ne garantit nullement la circulation contre leursabus. Au contraire, si les banques locales étaient rattachées à une banque-mère par un engagement de fonds, et par un dégagement en retour de valeurs circula-toires équivalentes , la garantie serait complète, tant pour le public qui ne percevrait que des effets parfaitement consolidés, que pour les banques qui trouveraient dans l'institution centrale une source permanente dVgent comptant, à mesure qu'elles

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présenteraieot des hypothèques et des fonds solides.

En revanche , tt existe bien en Amérique une tentative d'organisation synthétique entre les banques particulières, c'est celle du «SSa/^/j'/cim/ aet dans l'État de New- York , tentative fort importante, sûtts certain rapport, mais imparfaite à son tour à cause qu'elle n'est que mutuelle et négative; aussi l'inefficacité de ses moyens at*elle été constatée de fait, et leSafety-fundaa luimême a été reconnu pour une illusion. Sans doute la création d'un fonds de garantie uMiCiielle est un perfectionnement |Mrogressif, mais encore n'offiret-elle qu'un faible palliatif aux abus. Le contrôle mutuel des banques d'Ecosse entre elles rentre dans la même catégorie , bien qu'il soit plus négatif encore que la mesure du Safoiy-fund; car il ne consiste lui-même que dans l'action d'une coar litîon naturelle qui force une banque devenue suspeetd d'engagemens inconsidérés, à modérer ses escomptes par le refus de recevoir les banknotes de edle^oi. Or un contrôle mutuel et une solidarité négative ne sauraient suffire; car , abstractioa iaite de l'impuissance de leurs moyens coéreiiifa, il peuvent au surplus n'être que des moyens tardifs,— tandisqu'une organisation canr

traleeicoiivergeaQiedanslaquellerottvertured'uo crédit à chaque banque, ne dépendraU que dte

l'en^gagement d'une caution effective, caution qui constituerait pour ainsi dire VuniipM condUi&n de licence exigée pour FétiMifisement de ces banques intermédiaires serait une garantie en même te»ps positive et préventive, don t l'efficacité ne saurait être révoquée en doute.

Mais , pourrait-on nous objecter, cette condi^ tîon , bien qu'unique, n'en est pas moins excessivement dure ; car elle aboutit presqueà une in*terdiction des opérations lès plus kueratives des banques, savoir : laciroutation des billets au-delé du ni^itant du capital d'établissement. Ce point exige en effet des explications. D'abord il n'est pas exact de prét^idre que les mouvemens de caisse , et par conséquent les bénéfices des banques soient proportionnels à la somme des billets qu'elles émettent ; car cette émission w^^ constitue qu'une parUe de leurs opérations , et poup prouver que les autres brancbes sont pour le moins aussi lucratives, nous citerons l'exemple des banquiers de la Grande-Bretagne, qui, malgré la faculté qu'ils possèdent d'émettre leurs billets en circulation (eui dehors du rayon soumis au privilège de la banque ) , n'usent pas de cette fe-

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