CHAP. I. — § MI. APERÇU HISTORIQUE
portée et le but. Mais qu'on me permette de tracer d'abord un aperçu rapide de l'histoire des banques, en les conduisant depuis leur faible et confuse origine jusqu'à ce point de développement où elles sont arrivées dans certains pays.
§ ni. — Aperçu historique. — Les banques anciennes.
La première banqne dont l'histoire fasse mention est celle qui fut établie à Venise vers le milieu du douzième siècle (1171). Sous le duc Vitalis Michael, la république, écrasée par les charges de la guerre qu'elle soutenait contre l'empire d'Orient, engagée en même temps dans des hostilités contre l'empire d'Occident, après avoir épuisé toutes ses ressources financières, eut recours à la ressource extrême d'un emprunt forcé sur les citoyens riches. L'emprunt se fit en rentes constituées, pour le payement desquelles on obligea les revenus de la seigneurie. Les prêteurs furent réunis en une chambre, qui recevait du gouvernement l'intérêt de l'empruntàraison de 4 p. 100, et le répartissait à ses membres dans la proportion de leur contribution. Cette chambre forma dans la suite la banque de Venise. Au rapport de Mac Culloch, les certificats de l'emprunt délivrés par l'Etat, et portant intérêt, pouvaient se transmettre de main en main et donnèrent la première idée des billets circulants. Quelle que fut dans le principe la nature de ses opérations, et l'on n'a pas à cet égard de données bien certaines, on sait qu'elle devint plus tard
une simple banque de virement. Elle recevait en dépôt l'argent des particuliers, et leur ouvrait un crédit jusqu'à concurrence des sommes déposées. Ces crédits se transmettaient par le moyen d'une cession ou virement de parties que les débiteurs faisaient à leurs créanciers, de manière que tous les payements pouvaient s'effectuer par un simple changement de nom sur les registres de la banque et sans le transport du numéraire.
Ce fut dans des circonstances à peu près semblables qu'on établit à Gènes, en 1407, la banque dite de Saint-George. Calquée sur celle de Venise , elle reçut comme elle des dépôts et effectua les payements des particuliers à son exemple. Cependant les guerres étrangères et civiles, qui affligèrent continuellement celte république, lui rendirent si souvent nécessaire la ressource des emprunts , et la banque de Sainl- George eutavec le gouvernement des rapports si fréquents, si étroits, qu'il faut plutôt considérer celleci comme une caisse d'emprunts publics que comme une institution commerciale.
La banque d'Amsterdam, établie en 1609, à peu près sur les mêmes principes et sous l'autorité des Etals générauxde Hollande, se renferma au contraire assez strictementdanssesrapports avec le commerce. Quoique formée plus tard, elle l'emporta de beaucoup, par sa valeur commerciale, sur celles de Venise et de Gènes : c'est la plus considérable qui ait existé dans ce temps-là. L'un des statuts de sa fondation portait que toutes les lettres de change de