‹ Du crépuscule aux aubesChapitre 7 sur 9 · I.'lNSAISISSABI.K · texte numérisé non relu

I.'lNSAISISSABI.K

Ce que tu nommes Force Aveugle, Secret des mondes en travail, S.ut pourquoi la tempête meugle Autour de ton frêle bercail.

Ton soleil — une pâle étoile Qui gravite dans l'Infini — N'a pas encor troué le voile Qui cache ton ciel dégarni.

Le monde invisible t'échappe Malgré la sonde et le scalpel.

Et chacune de tes lois sape Ta certitude du Réel.

L'argile entrave ta pens'e Quand tu reviens à l'Idéal, Et l'extaîe recommencée Passe sans alléger ton mal.

Tu demandes à la Musique

Un cri qu'elle ne peut donner,

Et ton illusion lyrique

Vient dans les pleurs se terminer.

DU CRÉHl'SCUI-K AUX AUBES 44

Tu tritures sur la palette Le pigment radieux et clair Pour que ton rêve s'y reflète; Mais il manque l'espace et l'air.

Pousse un burin dans le carrare, Ci <èle un métal précieux, Et donne à ton chef-d'œuvre rare Un souffle léger, si tu peux.

Toujours un obstacle se dresse Entre le songe et l'avenir, Et confronte avec la vieillesse La fin que tu croyais tenir.

Toujours l'impassible Nature Garde son mystère profond Sur la vie et la sépulture De toutes les choses qui sont.

Toujours les âmes anxieuses S'égarent dans la vanité De leurs conceptions trompeuses, Sans ('teindre l'Eternité.

l'insaisissable 4")

Toujours l'Univers insondable, Accomplissant l'unique Loi, Vers son but invisible et stable S'avance sans dire pourquoi.

L'âme, rayon de la Puissance, Dont l'essence émane du Feu, Retrouve dans la survivance Son habitacle premier. Dieu!

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