LK POETE
Le Poète
Comme les sables d'or qui retombent de 3 èbes Sur la plage où les flots chaque jour ont
pleuré, Le poète répand sur les rugueuses plèbes L'extase de ses nuits et son chant inspiré.
Il puise, sans compter les richesses qu'il
donne.
Aux sources que la vie ardente cache aux
yeux ; Et s'il ouvre la main, c'est que son rêve
ordonne De rajeunir la Terre aux sourires des cieux.
ÔS |)U CKÉPieCULE AIX Al'BES
Il sent frémir le pouls agité de la foule,
Qui bat sous la douleur et le faix du métier,
Et 1 humaine souffrance élabore en son moule
Tous les vers qu'il écrit dans le silence altier.
Sa lenteur va plus loin que la hâte de
l'homme.
Et si, courbant le front sur les sillons fleuris
Il entend murmurer le mot que l'herbe nomme.
Son oreille et son cœur n'en restent pas surpris.
Il sait que toute flamme et que toute allégresse
Viennent d'un centre unique où tout rayonne
à flots.
Beauté, Vertu, Grandeur, et que rien ne transgresse
L'ordre mystérieux dans le grand souffle éclos.
Toujours plus haut il monte au delà de tes
songes, O monde pantelant qui gémis sur ton or !
Et s'il épreint les cris ainsi que des éponges
Pour en sortir un long sanglot: Confiteor !
S'il met une élestrode aux lèvres d'une plaie Pour en cautériser le traumatisme abject; S'il relance l'abus comme on chasse une laie Et fustige le faux dans son essor suspect;
S'il fuit surgir l'éclair dans la force latente
Qui demeure inactive en son obscurité;
S il te conduit vers l'astre éloigné qui le
tente A l'éclat du flambeau de sa témérité;
S'il te dit que l'amour est la langue de l'âme Que t'enseigne le Ciel en ses ravissements, Ne le repousse pas, car son verbe proclame La déroute du Mal et de ses truchements.
Ecoute les accents de la Muse éternelle Qui console toujours et n'a jamais trahi; Place ta confiance et ton espoir en elle, Rayon divin des profondeurs, Gesta Dei!
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