LE TEMPLE EN RUINES
Le Monde n'est plus solitaire, Ni les êtres emprisonnés
Dans l'éloignement de la Terre: Ailleurs d'autres êtres sont nés,
D'autres êtres vivent et meurent Dans les mondes qu'on ne voit pas:
D'autres, que nos rêves eflleurent
Quand ils remontent d'ici-bas.
Leur vie et leur intelligence N'atteignent pas encor nos veux, Car notre mesquine science
Refuse la pensée aux cieux.
Elle a ses bornes détintes, Qui ne dépassent pas la Mort Ni les terrestres harmonies,
Où se limite son effort.
Son aspiration innée Veut tout l'Infini pour envol, Mais elle reste condamnée
À tout ce qui la tient au sol.
Les morts parlent toujours en elle Dans la crainte ou dans la terreur, Et l'atavisme se rebelle
Contre un vide fait éclaireur.
L'homme veut que le passé brise Les dieux qu'il a multipliés
Et l'ancienne croyance apprise Dans les mystères oubliés.
in cette atmosphère pesante,
L'âme même est un c: ‘#98 trop lourd Pour que sa vie agonisante
Monte jusqu'aux clartés du jour.
Elle s’interdit jusqu'au Rêve:
Mais le Rêve est un découvreur Dont jamais la tâche n'achève De purger le Vrai de l'Erreur.
Laisse crier la clameur vaine:
Elle s'épuise sans retour, Et son emprise surhumaine
Echoue à son premier détour.
LE TEMPLE EN RUINEN —————— es,
Demande-toi pourquoi tu penses, Pourquoi ton cœur devine un but, Pourquoi les fortes espérances
Grandissent le paysan brut.
Pendant que tu cherches et pleures Dans le doute et l'obscurité, Entends les voix intérieures
Qui te parlent d'Eternité!
LA SURVIYANCE
LA SURVINANC Espères:tu que ta poussière
Dorme, un jour, son dernier sommeil
Sous l'écrasement de la terre, Sans perspective de réveil?
Comme le naufragé qui sombre
Dans une tempête, à jamais,
Crois-tu que l'âme entre d
ans l'ombre Sans un Peut-Etre
et sans un Mais”?
Crois-tu que le Mal et le Crime
Aient le même sort que le Bien,
Et qu'un même sile
Sur tous les morts le même ‘ Rien ‘'?
nce imprime
DU CRÉPUSCULE AUX AUBES Crois-tu que toute vie achève | Avec le corps inanimé
Et qu'aucune affre ne s'élève
De l'être au cercueil enferm”
Creis-tu que le fréle squelette
Soit le suprême et dernier but Où l'Intelligence complète L'effort des jours au bref comput?
Alors, que la Bonté se taise,
Si sa voix peut te secourir;
Que l'Espérance qui t'apaise
Te laisse, comme un chien, mourir!
Que le frère attaque le frère,
Au lieu de lui tendre la main;
Que chaque fils dans sa colère
Chasse l’aïeul sur le chemin!
Il n'est plus besoin de Justice.
Chaque homme fait sa propre Loi,
Avec le tombeau pour complice
De tous les attentats du Mai.
LA EURVIVANCE DH]
Il n'est plus besoin de prière, Et la souffrance qui gémit
Sait que ie Dieu qu'elle vénère Avant son heure s'endormit,
La naïveté surannée Ne met plus au front de l'enfant L'auréole prédestince
Mais s'il existe une autre vie
À laquelle, même sans foi,
La réflexion te convie
Quand le coeur est en désarroi,
Une autre vie où Dieu dispense Son équitable jugement
Aux hontes de la violence Comme au candide dévoûment ;
Vautretoi dans toutes les joies Entoure-toi de tous les bruits, L'âme recouvrera ses voies Quand tes liens seront détruits;
USCULE AUX AUBES
Elle franchira la frontière Qui l'éloigne de l'inconnu, Et découvrira la lumière Dans l'ombre où ton œil est tenu;
Elle sortira de ta geôle
Et reviendra vers le ciel bleu Comme une aiguille vers le pôle Et tout être vers son milieu.
Crois, si tu veux que l'on t'écouis.
Que la croyance qui te coût?
| Lève la tête, si tu veux | | Aille à sa source ultime, aux cieux! à
Aime, si tu veux que l'on t'aime, Et que la pitié dans ton cœur
Brise l'indifférence abstème
Pour suivre son élan vainqueur!
Chante, pour que dans l'harmonie
De toutes les choses du sol,
Ton allégresse rajeunie Eciate virile et sans dol!