‹ Du curettage de l'utérus sans abaissement forcé à la vulve et d'une méthode de drainage utérin au moyen du crin de FlorenceChapitre 3 sur 8 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Hôpital de Stuyvenberg (Anvers). - Observation recueillie dans le service du D'Rochet par M. le Lambotte. - Endométrite chronique. - Pyosalpingite. - Curettage. - Péritonite. - Laparotomie. - Mort.

La nommée Jeanne F..., âgée de 26 ans, entre le 13 octobre 1891 dans le service du D^^ Hochet pour une affection utérine dont elle souffre depuis trois mois. Cette femme, célibataire, sans enfants, a eu un avortement il y a trois mois. Elle assure n'avoir jamais été malade antérieurement, les règles ont toujours été normales. Depuis l'avortement elle est sujette à des pertes sanguines peu abondantes, mais répétées presque journellement et qui ont déterminé une anémie très prononcée. En outre, elle se plaint de douleurs dans le bas-ventre, s'irradiant dans le dos et les cuisses et rendant la marche et le travail très pénibles.

Examen gynécologique: Au palper bimanuel, on constate que la matrice est de volume normal, mobile et indolore. Du côté des annexes, on trouve l'ovaire gauche prolabé et douloureux. Du côté droit, tumeur allongée, peu volumineuse et douloureuse à la pression.

Examen au spéculum: le col est arrondi, un peu tuméhé, l'orifice externe est étroit, présente une légère érosion et an écoulement sanguin purulent.

Diagnostic : Endométrite chronique. Salpingite catarrhale.

(1) Publiée par MM. Lambotte et Rochet dans le Journal d'accouchements de Liège (Avril 1892).

Traitement : Le 16 octobre 1891, désinfection du vagin, une tige de laminaria est placée dans le col.

Le 17 décembre, curettage de l'utérus, légère discision du col; irrigation au sublimé à i/2 %o, cautérisation au chlorure de zinc ii 10% et tamponnement de l'utérus à la gaze iodoformée.

Le soir de l'opération, la malade se plaint de douleurs dans le ventre. La température est normale, le pouls à 120.

Le 18 décembre 1891, température, 38,2; pouls, 115. Faciès grippé. Vomissements muqueux. Ventre peu ballonné, douloureux.

Le 19, amélioration légère.

Le 20, la température s'élève, signes évidents de péritonite.

La situation s'aggravant le soir, je pratique la laparotomie. A rincision du péritoine, un flot de pus fétide s'écoula (environ deux litres). Les intestins, rouges et distendus baignaient dans le pus. L'incision abdominale ayant été agrandie jusqu'à l'ombilic, j3 fis un lavage soigneux de la cavité abdominale au moyen d'une solution boriquée à 2 o/„. Deux gros drains furent placés, l'un jusqu'au fond du cul-de-sac de Douglas, l'autre au milieu des anses intestinales.

Le lendemain, amélioration passagère, et le surlendemain, mort.

Tableau du pouls et de la température

Matin • Soir

17 octobre: -fo 36,8. Pouls 72 (curettage) 4-» 36,7. Pouls 120

19 — 37,3. — 100 (péritonite suppurée) 38,G. . — 140

20 — 38,4. — 120 (laparotomie) 39,6. — 13.ô

22 — 37,6. — 160 morte à midi.

Autopsie: A l'ouverture du ventre on trouve l'intestin grêle fortement distendu par des gaz ; sa surface est rouge, injectée et recouverte d'un enduit purulent. Des amas de pus se trouvent entre les anses intestinales et se prolongent jusqu'au foie et l'estomac.

Les organes génitaux internes ayant été soigneusement séparés du bassin, on constate que l'utérus est de volume normal, sans adhérences ni déplacements, la cavité un peu dilatée contient une matière pulpeuse grisâtre, peu abondante, le parenchyme est intact. — La trompe

gauche présente le volume d'uû petit doigt et en l'incisant il s'écoule 3 à i grammes de pus rougeâtre. L'ovaire gauclie est prolabé, adhérent et contient de petits foyers purulents, la trompe droite se présente sous forme d'une poche vide du volume du pouce ; à son extrémité droite on trouve un orifice déchiqueté, admettant Tindex. — L'ovaire droit est peu altéré, adhérent.

L'examen cadavérique des autres organes ne présente aucune particularité digne d'être signalée.

L'autopsie démontre donc d'une façon évidente :

1° Que le diagnostic était inexact quant à l'état des annexes. Les trompes en effet renfermaient du pus;

2° Que la péritonite suppurée est due à la ruplure de la trompe droite, car d'une part on trouve cette trompe déchirée, et d'autre part on trouve le parenchyme utérin intact ne présentant ni perforation, ni trace de suppuration qui puissent expliquer l'infection du péritoine.

Selon toute vraisemblance la rupture de la poche s"est produite pendant le curettage par suite des tractions opérées sur l'utérus.

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