‹ Du curettage de l'utérus sans abaissement forcé à la vulve et d'une méthode de drainage utérin au moyen du crin de FlorenceChapitre 8 sur 8 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Le curettage de la cavité utérine peut être pratiqué facilement sans abaisser l'utérus à la vulve, à la condition d'avoir à sa disposition un outillage spécial et d'ailleurs peu compliqué.

II. — Ce curettage à hauteur nous semble la méthode de choix, toutes les fois que des lésions péri-utérines (lésions des annexes, pelvipéritonites, résidus d'abcès pelviens) compliquant l'endométrite, rendent l'abaissement artificiel difficile ou dangereux.

III. — L'abaissement artificiel peut, en effet, être rendu difficile par le volume de l'utérus (en cas de tumeur fibreuse par exemple) ou par l'existence d'adhérences anciennes autour de la matrice ; — il peut être dangereux dans certains cas de kystes salpingiens ou d'abcès péri-ovariques dont la rupture pourrait être provoquée par cette manœuvre.

IV. — Nous considérons le curettage de la cavité utérine, avec la technique spéciale que nous avons décrite comme indiqué :

1° Dans toutes les formes de l'endométrite chronique avec ou sans sub-involution, avec ou sans métrite concomitante;

2° Dans l'endométrite puerpérale aiguë ou subaiguë (on emploie alors des curettes d'un volume et d'une résistance appropriés) ;

3° Dans les salpingites catarrhales avec ou sans ovarite scléro-kystique ;

4° Dans certaines suppurations pelviennes dont le pronostic ne semble pas immédiatement menaçant, et alors qu'on peut espérer l'évacuation du pus par la filière génitale ;

5° Contre la stérilité dont la seule cause puisse être attribuée à l'endocervicite compliquée d'endométrite. — Dans ce cas il est indispensable, en même temps qu'on fait le curettage de la cavité utérine, de traiter, convenablement, les lésions du canal cervical et la sténose du col si elle existe.

V. — Le curettage sans abaissement de l'utérus représente une opération aussi complète que le curettage avec abaissement, si l'on sait donner aux curettes la courbure appropriée à chaque cas et si l'on prend soin de faire méthodiquement l'abrasion de la muqueuse (face antérieure, face postérieure, fond et angles utéro-tubaires).

YI. — Les résidus de périmétrite et de paramétrites chroniques ne constituent pas une contre indication du curettage sans abaissement.

YIL — Ce qui justifie l'indication du curettage

alors môme qu'il existe des lésions des annexes eL des lésions péri-annexielles, c'est que ces lésions sont manifestement entretenues dans la majorité des cas par l'infection de la cavité utérine (Trélat, Le Dentu, Pozzi, Ghéron, Doléris, etc.).

VIII. — Le drainage de la cavité utérine au moyen du crin de Florence (drain en anse du D'' Ghéron) est une méthode d'un emploi facile, ne présentant aucun danger, à la condition que les règles de l'antisepsie soient rigoureusement observées.

IX. — Le drainage représente un moyen complémentaire du curettage dont les indications les plus nettes sont les suivantes :

1° Les irrégularités et Ilexuosités du canal cervical (dysménorrhée mécanique) ;

2° Les sténoses de l'orifice externe (dysménorrhée) ;

3° Les déviations utérines (versions et flexions) ;

4° Les collections séreuses ou séro-purulentes des trompes.

X. — Les soins antiseptiques post-opératoires son de la plus haute importance ; leur omission est la cause d'un grand nombre d'insuccès.

XL — Sans vouloir discuter les indications précises de l'hystérectomie vaginale et de l'ablation des annexes dans les suppurations pelviennes nous croyons :

1° Que le curettage sans abaissement peut toujours être fait sans inconvénient alors qu'aucun symptôme alarmant ne rend urgente une opération radicale;

Bouleil. — 6.

2" Qu'il est rationnel d'essayer tout d'aijorci un mode de traitement qui ne présente aucun danger avant de se résoudre à faire une ablation que le curettage rendrait peut-être inutile.

Page 1